Me Constantine Andreas Kyres a été accusé d'entrave à la justice par la GRC
Me Constantine Andreas Kyres a été accusé d'entrave à la justice par la GRC
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé qu’elle portait des accusations d’entrave à la justice contre Me Constantine Andreas Kyres et Sami Bebawi, ex vice-président exécutif chez SNC-Lavalin, dans le cadre d’une enquête portant cette fois sur la « corruption d’argents publics étrangers ».

Jusqu’au début de cette année, Me Kyres dirigeait le groupe de fiscalité du bureau montréalais de Dentons Canada, anciennement Fraser Milner Casgrain, rapporte le Globe and Mail.

Depuis janvier, il pratique à son compte sous le nom de Kyres Law dans un bureau situé sur la rue Université, à Montréal. Me Kyres est reconnu depuis 2012 par Best Lawyers comme l’un des meilleurs avocats en fiscalité au pays.

Constantine Kyres et Bebawi auraient notamment tenté d'obtenir une déclaration de Riadh Ben Aissa, ex-vice-président de SNC-Lavalin, en échange d'une somme d'argent.

Par la suite, Me Kyres aurait utilisé des menaces dans le but d’obtenir cette fameuse déclaration ce qui lui vaut une accusation supplémentaire pour extorsion.

Il aurait « induit ou tenté d'induire Riadh Ben Aissa, par menaces, accusations ou violence, à accomplir ou faire accomplir quelque chose, à savoir faire une déclaration », entre le 1er octobre 2013 et le 8 janvier 2014, à Montréal, d'après la police fédérale.

Riadh Ben Aïssa a reconnu en août sa culpabilité pour des accusations portées contre lui relativement à des affaires faites par la société d'ingénierie montréalaise en Libye.

Selon Radio-Canada, Ben Aïssa aurait mis sur pied des sociétés-écrans dans des paradis fiscaux, dont les comptes bancaires se trouvaient en Suisse. Officiellement, ces entreprises devaient être des agents commerciaux pour aider SNC-Lavalin à obtenir des contrats en Libye.

Pour l’instant, Sami Bebawi reste au large. Il était déjà activement recherché par les autorités canadiennes pour répondre à des accusations dans une vaste affaire de fraude et de blanchiment d’argent. Selon la police, il aurait touché des pots-de-vin de 26,5 millions de dollars.

En juillet dernier, le Bureau d’enquête de QMI révélait qu’il se cache en ce moment dans sa luxueuse villa en Égypte, un pays qui n’a pas signé de traité d’extradition avec le Canada.

Me Kyres, lui, a bel et bien été arrêté et il comparaîtra jeudi prochain.

- Avec QMI et Presse Canadienne