Question :

Étudiant en droit, je me pose plusieurs questions:

Est-ce qu'il y a un domaine du droit qui est moins saturé que les autres?

Y a-t-il moins d'avocats criminalistes que d'avocats des affaires (ou autres) ?

Est-il possible de prévoir l’évolution du marché de l'emploi et ses perspectives pour l'avenir ?

Merci.

Réponse :

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions. Source : Site Web d'Arcand
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions. Source : Site Web d'Arcand
Plusieurs étudiants et jeunes juristes se questionnent sur le sujet mais les seules réponses que je peux leur donner apportent très peu de réconfort. Le marché du travail est en constante évolution et la réalité sera probablement différente dans quatre ans. Par conséquent, si vous êtes en première année à la faculté de droit, les tendances que je peux vous souligner aujourd’hui ne seront plus d’actualité lorsque vous serez assermenté.

Ceci étant dit, je vais tenter de vous fournir certaines précisions mais gardez en tête la remarque précédente et le fait que je dois généraliser en faisant abstraction d’une multitudes d’exception liées autant aux domaines de pratique qu’aux individus.

Y a-t-il un domaine du droit moins saturé ?

Les domaines de droit qui touchent aux nouveaux secteurs de pratique liés aux nouvelles réalités comme Internet sont habituellement moins saturés parce qu’il y a moins de ténors évoluant dans ces domaines.

Il y a donc plus de places pour des jeunes désirant y faire leur nid. Par exemple, il y a quelques années, le secteur du droit des technologies de l’information était réservé à quelques juristes d’exception. Aujourd’hui, ce secteur est mieux nanti mais je crois qu’il reste encore de la place.

Le projet « Plan Nord » a eu comme conséquence un intérêt nouveau pour le droit minier et celui des ressources naturelles mais ledit intérêt semble diminuer suite aux incertitudes liées à ce qui ressemble de plus en plus à une « balloune » politique.

Mis à part les nouveaux secteurs, il y a certaines branches du droit qui occupent bien leurs disciples mais il s’agit de secteurs qui sont souvent moins « sexy » pour une majorité d’étudiants. Je pense notamment à la fiscalité qui s’avère lucrative et les bons avocats fiscalistes ne chôment pas. Cependant, la proximité des chiffres et la mise à jour constante qu’exige ce type de pratique peuvent rebuter plus d’un étudiant.

Y a-t-il moins d'avocats criminalistes que d'avocats des affaires (ou autres) ?

Je répondrais à cette question en vous disant qu’il y a habituellement une sélection naturelle qui se produit dans la plupart des secteurs matures du droit. Oui il y a moins de criminalistes ou d’avocats en droit de l’environnement que d’avocats en droit des affaires mais le ratio avocats-clients ou avocats-mandats doit se situer à un niveau similaire d’un secteur à l’autre. J’ai tendance à croire qu’après quelques années, un équilibre se crée entre l’offre et la demande.

Est-il possible de prévoir le marché de l'emploi et ses perspectives pour l'avenir ?

Comme à la bourse, il est très difficile de prévoir le marché mais on peut observer des tendances. Hormis les secteurs traditionnels tels que le litige civil et commercial, le droit transactionnel, le droit des affaires et le droit du travail qui offriront toujours leur part d’emplois et de défis, les secteurs relativement nouveaux comme le droit de l’environnement et les technologies de l’information offrent encore de belles opportunités.

Avec les commissions Gomery et Charbonneau ainsi que la tendance lourde des gouvernements à légiférer en toutes matières, les notions de gouvernance et de conformité sont au goût du jour et devraient le demeurer.

La difficulté à prédire le marché n’est pas la seule analogie qu’on peut faire avec les marchés boursiers car les champs de pratique traditionnels s’apparentent aux placements conservateurs alors qu’un choix de spécialisation non traditionnelle s’avère être un placement plus agressif comportant des risques mais pouvant offrir un rendement exceptionnel. À vous d’évaluer votre niveau de tolérance au risque.

J’espère que mes réponses pourront vous être utiles et si vous me le permettez, je vais ajouter une question supplémentaire qui me semble traduire votre inquiétude:

Vers quel secteur devrai-je orienter ma pratique ou approfondir mes études ?

Si c’est bien là le fond de votre questionnement, je vous conseillerais d’analyser quels sont vos champs d’intérêts, votre personnalité et vos aptitudes. Ces trois aspects de votre profil pourraient vous permettre de mieux cibler le ou les secteurs vers lesquels vous pourriez vous diriger.
Ensuite, essayez de consulter des avocats qui pratiquent dans ces secteurs afin qu’ils puissent vous renseigner sur la réalité de leur pratique.

Dites-vous que la meilleure façon d’avoir une belle carrière est de faire ce qu’on aime parce c’est beaucoup plus facile d’y mettre le temps et les efforts qui sont les éléments essentiels à la réussite.

Je vous souhaite bonne chance pour la suite de votre carrière.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.