Question :

Bonjour,

Je commencerai bientôt à me chercher un stage pour valider mon barreau. N'ayant aucun contact ni expérience vraiment extraordinaire, je sais que c'est en entrevue que je devrai me démarquer.

Mon dossier scolaire comporte cependant une assez grosse tache au niveau de ma deuxième année. J’ai soudainement perdu mon père et cela s'est fait ressentir sur mes notes.

Je me demande donc si c'est approprié de le souligner aux employeurs potentiels ou si au contraire, il faut se garder d'utiliser tout événement personnel comme « excuse », risquant de sembler vouloir attirer la pitié.

Réponse :

Bonjour,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Premièrement, vous avez toute ma sympathie pour l’épreuve à laquelle vous avez été confrontée et je crois sincèrement que ce sentiment sera partagé par plusieurs employeurs.

Avant même de parler de l’entrevue, je vous souligne que si j’étais à votre place je n’hésiterais pas une minute à aviser de la situation tous les employeurs éventuels et ce au moyen de ma lettre de présentation. Je ne commencerais pas ladite lettre avec ce sujet mais j’y inclurais un paragraphe du genre :

« Je vous joins mon dossier académique et dans l’étude que vous en ferez, vous noterez certainement que mes résultats de seconde année n’ont pas été à la hauteur de mes standards habituels. Je vous souligne que le décès d’un être cher en est la principale raison.»

Si effectivement vos résultats de deuxième sont loin d’égaler ceux des autres années, il ne s’agira pas de vouloir attirer de la pitié mais simplement d’appliquer une règle très chère à Monsieur Béliveau qui nous a quitté récemment, soit celle du gros bon sens.

Si certains employeurs y voient de l’opportunisme, peut-être est-il préférable que vous fassiez votre stage ailleurs de toute façon.

Une fois rendu en entrevue, si la question de votre baisse de rendement vous est posée, gardez ça court, direct et évitez de laisser planer des sous-entendus. Ne sortez pas une réponse du type : J’ai vécu une situation familiale difficile qui peut vouloir autant dire un divorce, une dépression ou n’importe quoi d’autre. Dites simplement et à la limite crûment, mon père est décédé et vous comprendrez que ça m’a secoué.

C’est évident qu’on ne veut pas verser dans le tragique ou le trop émotif en entrevue mais il faut quand même dire les choses telles qu’elles sont, surtout lorsque l’on parle d’événements tragiques qui sont totalement hors de notre contrôle. Le fait que la perte de votre père ait affecté votre année en est le parfait exemple.

Sans minimiser les épreuves du type burn-out, dépression ou séparation, ma réponse aurait été fort différente si vous aviez vécu ce type de situation. À tort ou à raison, ici je ne partage pas mon opinion personnelle mais je relate plutôt les situations que j’ai vécues au fil des ans, les problèmes de ce type s’avèrent souvent des deal breaker si vous me permettez l’expression. C’est encore un peu vrai peu importe l’âge des candidats mais quand on parle de quelqu’un d’au plus 25 ans en burn-out, en dépression ou à ce point affecté par une rupture.

Les employeurs vont immanquablement être sous l’impression que le candidat n’est pas bâti sur des fondations très solides. À tort ou à raison, je vous le répète.

Je terminerai en vous soulignant que les employeurs sont toujours empathiques aux problèmes des candidats … dans la mesure où ils font partie du passé et ont peu de chance de revenir affecter leur rendement une fois devenu leurs employés.

J’espère que ma réponse vous sera utile et je vous souhaite une bonne semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.