Me Luc Deshaies pratique en relations de travail depuis plus de 25 ans au sein du cabinet Gowlings
Me Luc Deshaies pratique en relations de travail depuis plus de 25 ans au sein du cabinet Gowlings
Alors que je vous entretenais la semaine dernière de la technologie au sein de l’ordre, je vous lance aujourd’hui, en cette période de bilans de fin d’année, cette troublante question : les technologies de l'information ("TI") sont-elles réellement vos alliées ? Ou ne seraient-elles pas parfois vos ennemies ?

Partout au pays, le mariage entre les TI et la profession juridique est houleux. La pratique du droit évolue dans une direction où les juristes font de plus en plus appel aux TI, lesquelles soulèvent leur lot de défis pratiques et de questions théoriques parmi les praticiens. Malheureusement, il est souvent difficile pour les barreaux, incluant le Barreau du Québec, de suivre ce rythme effréné et d'offrir un encadrement technologique satisfaisant aux avocats.

Cet essoufflement technologique de la part des barreaux est appelé à causer des maux de tête aux avocats en raison des questions sans réponse qui l’entourent : Est-ce que je peux utiliser Google Apps pour mes courriels, mon calendrier et mes documents, sachant que cette information est hébergée à l'extérieur du Québec et du Canada ? Est-ce que je peux numériser ma pratique au complet et détruire le papier, tout en restant conforme aux exigences de l'inspection professionnelle? Est-ce que le logiciel x-y-z respecte les normes du Barreau?

Toutes ces questions flottent présentement au dessus des écrans d’ordinateur des avocats avec pour seule recommandation celle d’exercer son bon jugement. Or, les avocats sont formés en droit, pas en TI !

Pour les barreaux, ce dossier s’avère complexe et entraîne d’importants défis de gestion. D’une part, le Barreau n'a pas la responsabilité de développer des solutions technologiques destinées à faciliter la pratique du droit puisqu’un tel mandat ne fait pas partie de sa mission.

Pour un encadrement des TI

En revanche, ignorer la situation actuelle est susceptible de nuire à la protection du public. Dans ce contexte, le Barreau doit minimalement s'impliquer et encadrer les TI d’une façon réaliste et responsable, tant pour le public que pour les avocats.

L’une des priorités du prochain CA du Barreau du Québec devrait donc être la sensibilisation, voire la mobilisation, de la profession juridique afin qu’elle s’outille d'un encadrement souple, performant et adapté aux réalités des TI modernes.

Le Barreau du Québec se voit offrir l’occasion d’agir comme chef de file en matière d'encadrement technologique de la profession. Le Barreau devra répondre aux questions des avocats et éventuellement du public afin que tous et chacun des praticiens puissent exercer sans flou... technologique!

Joyeuses fêtes !

Me Luc Deshaies pratique en relations de travail depuis plus de 25 ans au sein du cabinet Gowlings. Il a occupé le poste de bâtonnier de Montréal pour le mandat 2013-2014 et à ce titre, il a siégé au conseil exécutif et au conseil général du Barreau du Québec.

Il a déposé sa candidature dans l’objectif d’être élu au poste de bâtonnier du Québec pour l’exercice 2015-2017. Il souhaite partager sa vision du Barreau, les sujets d’actualité qui le concerne et les projets futurs qu’il souhaitera bâtir au cours de ce mandat avec la nouvelle équipe qui sera constituée.