Question :

Bonjour Monsieur Arcand,

Je viens de décrocher un stage dans un organisme public où les domaines de droit m'intéressent beaucoup. Ayant eu de très bonnes notes au baccalauréat, j'ai cherché longtemps afin de pouvoir décrocher ce stage.

Par contre, je m'interroge sur l'après stage puisqu'il n'y a pas d'emploi offert. Est-ce que je serai désavantagé au moment de me trouver un emploi dans un bureau privé à la suite de mon stage ?

Réponse :

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Il me manque beaucoup d’informations afin de pouvoir répondre de façon précise à votre question. Dans un premier temps, il faudrait savoir dans quel organisme public vous ferez votre stage et surtout dans quels domaines de droit vous serez impliqué pendant votre stage. Ce sont les deux éléments qui feront en sorte de faciliter ou rendre pénible une éventuelle transition vers un cabinet privé.

La notion d’organisme public est assez large. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF), la Commission de la Construction du Québec (CCQ) et la Société de l’Assurance Automobile du Québec (SAAQ) en sont quelques exemples bien connus mais il y a aussi une panoplie d’autres organismes relevant du domaine public.

De plus, nos différents paliers de gouvernements offrent énormément de possibilités autres que les traditionnels stages à la Couronne ou au Ministère du Revenu (ou L’Agence du Revenu du Canada). Considérant l’éventail de possibilités, il est facile de comprendre que l’identité dudit organisme public influencera énormément la réponse à votre question.

De plus, une fois l’organisme précisé, la réponse ne sera pas nécessairement plus claire pour autant. Si un stage à la CCQ permet de conclure que vous toucherez au droit de la construction, c’est beaucoup moins évident pour d’autres organismes tels qu’une commission scolaire qui pourrait vous permettre de toucher au droit du travail, au droit immobilier, au litige civil ou encore au droit de la jeunesse. Peut-être même serez-vous appelé à vous spécialiser en droit de l’environnement et droit de la construction si vous êtes impliqué dans le dossier des écoles qui doivent être évacuées pour insalubrité sur l’Île de Montréal ? Je pourrais vous citer 40 exemples comme celui des commissions scolaires.
Ça ne vous aide pas beaucoup… j’en conviens.

S’il faut regarder chaque cas de façon spécifique, l’analyse demeure la même et elle pourrait se résumer à une seule question. L’expérience acquise lors de votre stage sera-t-elle importable au sein d’un cabinet de pratique privée à la fin de votre formation ?

Si oui, alors vous ne serez pas trop désavantagé lorsque vous appliquerez sur un poste. Un stage au ministère des affaires autochtones peut avoir une grande valeur pour un cabinet desservant cette clientèle. Il en va de même pour un stage à la Cour municipale si vous appliquez dans un bureau de criminalistes ou encore en droit municipal.

À l’autre bout du spectre, certains stages pourraient vous diriger vers un cul-de-sac ou encore un corridor n’ayant qu’une seule issue. Vous me pardonnerez de ne pas en identifier, tant pour éviter de me voir invectivé de toutes parts que parce que je ne connais pas en profondeur tous les organismes publics.

Une chose est certaine, un stage dans un organisme public, au même titre qu’en entreprise ou dans un petit cabinet, peut être le début d’une merveilleuse aventure tout comme le premier pas vers une spécialisation sans débouché.

Cela vaut donc la peine de se poser la question que vous me posez aujourd’hui et de prendre le temps d’analyser les différents paramètres avant d’accepter un stage. À plus forte raison si, comme c’est le cas pour vous, il y a peu de chance d’obtenir un poste à la fin dudit stage.

Je suis conscient que ma réponse n’est pas la plus précise mais c’est tout ce que je peux faire compte tenu des informations en ma possession.

Espérant que ça puisse quand même vous être utile, je vous souhaite une belle semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.