L’Université McGill refuse la demande de deux étudiants en droit, une femme et un homme
L’Université McGill refuse la demande de deux étudiants en droit, une femme et un homme
L’institution a fait valoir dans un communiqué qu’elle ne croit pas à la ségrégation des services sur le campus, et qu’elle tient à s’assurer que les usagers soient respectueux les uns envers les autres, deux facteurs qui ont motivé la décision de refuser cette demande.

Les deux requérants sont une étudiante de confession musulmane, Soumia Allalou, et son collègue Raymond Grafton. Mme Allalou a indiqué que sa demande de trois périodes d’une heure par semaine réservées aux femmes dans le centre sportif est motivée par ses convictions religieuses, ajoutant que toutes les femmes en bénéficieraient.

« Quelques femmes m’ont contacté, disant qu’elles souhaitaient l’instauration de cette mesure, avait précédemment déclaré Mme Allalou au réseau CTV. Elles se disent intimidées, particulièrement dans la section des poids et haltères. Elles se sentent observées, surveillées.»

« C’est vraiment un cas limite, ça ne m’étonnerait pas que ça se rende en cour», affirme Jean-François Gaudreault-DesBiens, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les identités juridiques et culturelles nord-américaines et comparées de l’Université de Montréal.

«Nous sommes une institution laïque et mixte, a déclaré le vice-recteur exécutif de l’université, Olliver Dyens. C’est une question de principe, pour nous, la ségrégation n’est pas une option.»

« C’est un argument fort, dans le contexte libéral, croit M. Gaudreault-DesBiens. Mais comme ce n’est pas pour un motif organisationnel, je me demande si l’université peut refuser. Il y a encore une zone grise dans la loi.»

Selon l’Association étudiante de l’Université McGill, le centre sportif avait d’ailleurs proposé d’aménager un autre espace pour répondre à la demande de Mme Allalou, mais la direction se serait ingérée dans la décision.

Pour Haroun Bouazzi, de l’Association des musulmans et des arabes pour la laïcité, l’université a « possiblement » pris la bonne décision, mais pas pour la bonne raison. « Il faut qu’il y ait une contrainte excessive pour refuser un accommodement raisonnable, on voit bien que l’université ne sait pas ce que c’est. Il faudrait plus de formation dans les institutions publiques.»