Pierre Paradis, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
Pierre Paradis, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
Les cas de maltraitance envers les animaux dévoilés lundi matin par le Journal de Montréal sont « répugnants », réagit le ministre Pierre Paradis, qui avoue que ces condamnations mises au grand jour l’incitent à agir rapidement pour mieux protéger les bêtes.

« C’est répugnant, avoue le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). On se sent davantage responsable. On sait que ça existe, il faut agir encore plus vite.»

Accablants

Hier matin, Le Journal de Montréal révélait que 50 propriétaires d’animaux – surtout de chiens et de chats – ont été mis à l’amende depuis trois ans par le MAPAQ.

Manque d’eau, bâtiments insalubres, chiots tués à coups de roches: les cas de maltraitance sont préoccupants.

Une propriétaire donnait même de l’alcool à ses chiens l’hiver pour les garder au chaud.

Malgré la gravité de certains gestes, le montant total de ces amendes n’a atteint que 55 550 dollars. Toutes les sortes d’installations ont été visées par les enquêtes: animaleries, refuges, éleveurs, etc.

En entrevue, le ministre Paradis a réitéré son désir de déposer son projet de loi pour mieux protéger les animaux d’ici la fin de la session parlementaire (le 12 juin).

Inspiré des meilleurs

Actuellement, les bêtes sont considérées comme des « biens meubles ».

« La loi est tellement faible, le monde a l’impression de travailler dans le beurre, déplore-t-il. Ça va leur donner une loi où ils n’auront plus l’impression de travailler dans le beurre.»

Sans donner de détails sur le projet de loi en question, M. Paradis souligne que les trois provinces les mieux classées en matière de droit animal, soit l’Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique, ont inspiré le Québec.

Dans le meilleur des scénarios, la loi pourrait être adoptée d’ici la fin de l’année.

« On ne peut pas légiférer sur le comportement humain, mais on peut faire en sorte que le Québec ne soit plus la meilleure place pour la maltraitance », ajoute-t-il.

Par ailleurs, M. paradis a confirmé que la coupe du budget de 1 million dollars au MAPAQ en santé animale cette année ne touchera pas les enquêtes sur le terrain.

« L’argent va être coupé ailleurs. Il n’est pas question qu’on coupe là-dedans », assure-t-il.