1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier ?

Je cherchais, en entrant à l’université, à acquérir une bonne formation. Après un premier baccalauréat en finance à McGill, j’ai voulu continuer en y ajoutant quelque chose de complémentaire. Il y avait dans la finance un côté qui ne m’accrochait pas complètement. Je trouvais la discipline un peu trop comptable et abstraite, moi qui aime le côté humain et le fait de travailler avec les gens. Quant au droit, le cursus m’intéressait et je savais que j’y trouverais une formation rigoureuse qui me permettrait ensuite de combiner mes deux baccalauréats. C’est donc pour ces raisons que je me suis dirigé vers le droit et que j’ai aimé le droit. J’y ai découvert une manière rigoureuse – et parfois un peu trop cartésienne peut-être – de réfléchir, qui donne une vision générale et complète de la façon dont la société fonctionne. J’ai beaucoup aimé l’université, et j’y serais volontiers resté plus longtemps ! (rires).

Quant au litige : j’aime être impliqué dans les problèmes des gens, leur expliquer la situation et vivre ces relations intenses avec eux alors qu’ils sont aux prises avec un enjeu qui leur fait mal ou qui est très important pour eux. Pour moi, le litige me permettait d’avoir des responsabilités d’importance rapidement et des défis très tangibles.

2. Quels sont les plus grands défis professionnels auxquels vous avez fait face au cours de votre carrière?

Me Richard Vachon est associé directeur au sein du cabinet Woods
Me Richard Vachon est associé directeur au sein du cabinet Woods
Mon premier grand défi fut de prendre la décision de quitter Fasken, où j’avais plusieurs mentors et de bons amis. Il m’a fallu accepter que le droit des affaires, secteur dans lequel je pratiquais, n’était pas pour moi alors que toute ma formation s’orientait dans cette direction. Il n’est pas facile de quitter un endroit que l’on aime pour autre chose. Il me fallait par ailleurs identifier ce que je voulais faire. Sur le conseil d’autres avocats, j’ai appliqué chez Woods. Je recherchais le côté humain du droit et j’ai eu la chance de me retrouver ici et de travailler avec Me Woods et son équipe. L’expérience m’a permis de me développer non seulement comme avocat, mais aussi comme personne. J’accusais évidemment un certain retard : j’avais un an et demi d’expérience, mais je n’avais jamais fait de litige. J’ai donc dû travailler fort pour me mettre à niveau et pour suivre le rythme de Me Woods. Lorsque ce dernier te fait confiance, les responsabilités sont grandes, dans des mandats d’envergure.

Mon deuxième grand défi est celui que je vis aujourd’hui comme associé-directeur. De 12 lors de mon arrivée, nous sommes passés à 27 avocats. Les choses changent et je dois m’adapter à mon nouveau rôle, en amenant le cabinet à faire une transition dans la continuité, et ce, tout en continuant ma pratique. J’ai la chance d’avoir tout le support nécessaire des associés, ce qui facilite évidemment beaucoup les choses.

3. Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à la pratique du droit ?

Je crois que les cabinets d’avocats doivent valoriser le talent encore davantage. Je crois qu’on oublie parfois alors que c’est le capital humain qui est la richesse première des cabinets d’avocats. Les clients sont pourtant de plus en plus exigeants; ce qui importe pour eux dans un cabinet est justement le talent des avocats qui le composent. Le client prêt à payer des honoraires importants s’attend à quelque chose en retour et, encore plus qu’avant, il est nécessaire de présenter à son client des gens ayant des connaissances techniques poussées permettant de solutionner leurs problèmes.

Une grande emphase est mise aujourd’hui sur la relation qui doit s’établir avec le client. Cela dit, les gens habiles à développer des relations avec la clientèle doivent pouvoir compter sur le support nécessaire. À mon avis, la personne ayant plus de difficulté en développement d’affaires doit quand même être réellement incluse dans le groupe et se sentir partie prenante au succès du cabinet. Je crois qu’un meilleur équilibre pourrait être atteint à cet égard en pratique privée.

4. La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique ? Et pourquoi, à votre avis ?

Je pense que les choses vont de mieux en mieux. Le travail du Barreau du Québec ces dernières années a porté fruit pour présenter la profession d’une autre manière et démocratiser ce que l’on fait. Je crois que la profession est beaucoup plus proche de la population qu’avant et qu’on reconnaît davantage l’importance d’avoir des avocats qui comprennent bien la société et appliquent bien ses règles.

5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et voulant avoir une carrière à succès d’avocat de litige en pratique privée ? Quel est le secret ?

Le secret : être patient. Je trouve un peu surprenant de m’entendre dire cela, moi qui n’ai pas tendance à l’être beaucoup! Il n’est, en effet, pas toujours nécessaire de provoquer les choses : elles viennent parfois d’elles-mêmes. Il faut prendre le temps d’apprivoiser le milieu du travail et la profession en sortant de l’université, et il ne faut pas prendre de décisions trop rapidement.

La deuxième chose que je dis aux plus jeunes (ainsi qu’à moi !) est de s’écouter et de suivre ses forces. Lorsqu’on identifie un domaine dans lequel on se démarque, il faut suivre cette voie. Travailler sur ses faiblesses est évidemment une bonne chose, mais cela demeure difficile au quotidien, alors que de travailler sur ses forces risque de générer du succès et du plaisir.

En vrac…

Le dernier bon livre qu’il a lu – ‘Joseph Anton’ (auteur : Salman Rushdie)

Le dernier bon film qu’il a vu (dans l’avion) –The Imitation Game (réalisateur : Morten Tyldum)

Sa chanson fétiche – The Highwaymen de Willie Nelson

Son expression ou diction préféré – ‘C’est jamais fini tant que ce n’est pas fini’. Pour lui, cela signifie que, dans le travail, il ne faut jamais lâcher et que, tant que le juge n’a pas rendu son jugement, ce n’est pas fini ! C’est qu’il ne se décourage pas facilement !

Son péché mignon - Le sirop d’érable de son père. Le meilleur au monde !

Son restaurant préféré – Ferreira Café (rue Peel)

Le pays qu’il aimerait visiter – L’Afrique du Sud.

Les personnages historiques qu’il admire le plus (et pourquoi?) – Nelson Mandela pour son courage et l’amour de son peuple, et René Lévesque pour sa créativité, sa bonté et son talent de rassembleur.

S’il n’était pas avocat, il serait…journaliste à l’étranger ou acériculteur dans 25 ans !

Me Richard Vachon est l'associé directeur au sein du cabinet Woods depuis janvier 2015. Il pratique depuis 2002 dans les domaines du litige commercial, des recours collectifs, des litiges de valeurs mobilières, de la diffamation et du droit de l’emploi. Il plaide régulièrement devant les tribunaux de première instance et d’appel du Québec et devant les tribunaux d’arbitrage. Il agit également à titre de conseiller stratégique pour plusieurs de ses clients.

Il a notamment agi dans les dossiers suivants :

- Dans le contexte du litige de Castor Holdings, il représente Chrysler Canada inc. et CIBC Mellon Trust Company dans le cadre d'un recours de 165 millions de dollars contre Coopers & Lybrand et autres en matière de responsabilité professionnelle des vérificateurs.

- Représente Groupe TVA inc., Serge Fortin, Pierre Bruneau et Paul Larocque contre Gesca Ltée, La Presse Ltée, Cyberpresse inc., Patrick Lagacé et Richard Therrien en matière de diffamation.

- Représente une importante entreprise française en défense d’un recours collectif.

- Représente le plus important fournisseur mondial de services de traiteur pour avions et trains dans le cadre d’un arbitrage commercial complexe.

- Représente plusieurs sociétés publiques dans le domaine minier.

- A représenté Saputo inc. et Lino Saputo Sr. dans une poursuite de plusieurs millions intentée contre des médias canadiens en matière de diffamation.

- A représenté Quebecor inc., Quebecor Média inc., Vidéotron ltée et Pierre Karl Péladeau contre la Société Radio-Canada, Sylvain Lafrance et Robert Rabinovitch en matière de diffamation.

Depuis 2012, il est co-entraîneur de l’équipe de l’Université McGill, Faculté de droit, participant au Concours de plaidoirie Laskin.

Il détient un Baccalauréat en droit (LL.B.) de l’Université de Montréal et un Baccalauréat en commerce (spécialisation en finance et commerce international) de l’Université McGill.

Finalement, il s’implique auprès de la Société canadienne de la sclérose en plaques depuis plusieurs années.