Me Claude Provencher, ex-DG du Barreau du Québec
Me Claude Provencher, ex-DG du Barreau du Québec
«On cherchait une occasion pour agir contre la Bâtonnière et on a saisi le moindre prétexte sans faire d’analyse rigoureuse et raisonnable», laisse tomber Me Claude Provencher à l’autre bout du fil.

Horripilé, l’ex-DG du Barreau du Québec estime que les membres ont agi beaucoup trop vite. « C’est une vendetta! » martèle celui qui occupe aujourd'hui le poste d'Avocat général et Directeur régional au Bureau régional du Québec du Ministère de la Justice Canada. Me Provencher précise qu'il s'exprime ici à titre personnel uniquement.

Pour le juriste, l’article publié dans La Presse mercredi est une « non-nouvelle ». « Il n’y a pas eu d’accusation, pas de condamnation », souligne-t-il. Les membres du C.A., en tant qu’avocats, devraient exercer leur rôle premier qui est, à son avis, de défendre la présomption d’innocence.

« Ils n’ont pas cherché à savoir si c’était vrai, car pour eux c’était un cadeau tombé du ciel », dit-il sur un ton cinglant. Le profil de Me Khuong ne concorde pas du tout avec « l’establishment du Barreau », poursuit Me Provencher. Elle a promis des réformes majeures de l’Ordre professionnel, allant du salaire de la direction aux heures obligatoires de pro bono. Du même souffle, il ajoute : « Me Khuong remet beaucoup de choses en question. Les changements, c’est toujours menaçant pour les gens en place ».

La protection du public, vraiment?

Me Provencher n’a pas apprécié de voir le Barreau justifier sa décision en se référant à sa mission première, soit la protection du public.

« Si le C.A. veut vraiment protéger le public, il devrait chercher à savoir comment a été enfreinte la confidentialité du registre de déjudiciarisation… Car ça, c’est grave! Le Barreau est là pour protéger les institutions et il y a eu un bris important, qui met en péril la crédibilité du système, mais aussi la confiance du public. »

L’ex-DG trouve le Barreau anormalement silencieux sur cet aspect pourtant important. « Ils sont contents de s’en servir pour leur vendetta », répète-t-il.

Pour la suite des choses, Claude Provencher y va de ses conseils : que les membres du C.A. prennent le temps de réfléchir et s’assurent d’agir dans l’intérêt du public.

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