Stéphanie Vallée, s’est dite préoccupée mardi par la divulgation d’informations confidentielles qui a mené à la suspension de la bâtonnière du Québec, Lu Chan Khuong
Stéphanie Vallée, s’est dite préoccupée mardi par la divulgation d’informations confidentielles qui a mené à la suspension de la bâtonnière du Québec, Lu Chan Khuong
Mme Vallée a expliqué que la divulgation de la déjudiciarisation entamée par la bâtonnière après qu'elle eut fait l'objet d'une plainte pour vol à l’étalage était « venue porter une atteinte directe à un processus qui est important au Québec ».

« Le processus de non-judiciarisation existe depuis 20 ans et en 20 ans, il y a plus de 100 000 dossiers qui ont été traités. C’est la première fois qu’un dossier se retrouve comme ça sur la place publique et que de l’information confidentielle est divulguée. Là-dessus, moi, je suis préoccupée » a déclaré la procureure générale du Québec.

Stéphanie Vallée a indiqué que dans le cadre du processus de déjudiciarisation de Lu Chan Khuong, « un certain nombre d'intervenants » avaient eu accès à l'information qui a été divulguée, d'où la difficulté d'identifier l'origine de la fuite. Elle est toutefois convaincue que l'information n'a pas été ébruitée par la directrice des poursuites criminelles et pénales, qui a mené sa propre enquête.

La ministre de la Justice a refusé de s’immiscer dans le conflit qui oppose le conseil d’administration du Barreau du Québec à la bâtonnière nouvellement élue, arguant que le dossier de Mme Khuong relevait de la régie interne de l'institution.

Elle a ajouté que la divulgation d'informations confidentielles sur la place publique était plus préoccupante que ce qui se passe à l'intérieur du Barreau.

Appuis pour la bâtonnière

Par ailleurs, 84 avocats ont cosigné mardi une lettre d’appui à Lu Chan Khuong dans laquelle ils demandent qu’elle soit immédiatement réintégrée dans ses fonctions. La missive a été envoyée à la directrice générale du Barreau du Québec, Lise Tremblay, et à la secrétaire de l’Ordre, Sylvie Champagne.

Plutôt que de suspendre la bâtonnière, une décision qui a « ébranlé la confiance du public dans notre système de justice et miné l’image de notre profession », les signataires de la lettre soutiennent que le Barreau aurait dû dénoncer la violation de confidentialité dont a été victime Mme Khuong.

En plus de la réintégration de la bâtonnière, les 84 avocats exigent que le conseil d’administration de l’institution lui présente des excuses publiques.