Me Jean-François Bertrand, avocat de Me Khuong
Me Jean-François Bertrand, avocat de Me Khuong
« Ma cliente est prête : allons en élections », assénait l’avocat Jean-François Bertrand, lors de son passage à l’émission 24 heures en 60 minutes, à l’antenne de Radio-Canada le 9 juillet dernier.

La bâtonnière suspendue Lu Chan Khuong serait prête à se soumettre de nouveau à l’électorat juridique « si tous les membres du CA sont prêts à aller en élections », expliquait alors Me Bertrand, qui représente Me Khuong.

Convaincu de son bon droit, le Conseil d’administration (CA) du Barreau continue de se pencher sur les manquements potentiels de la bâtonnière, expliquait l’administrateur et président du Comité d'éthique et gouvernance Me Pierre Lévesque, dépêché par le Barreau pour donner la réplique à Me Bertrand, à 24/60.

La proposition de tenir de nouvelles élections étant trop « soudaine », Me Lévesque avait préféré réserver ses commentaires et ne pas répondre.

D’autres renchérissent. Dans un article paru le 11 juillet 2015 dans le journal Le Devoir, Antoine Robitaille plaide également pour de nouvelles élections dans les plus brefs délais.

Antoine Robitaille souhaite de nouvelles élections dans les plus brefs délais.
Antoine Robitaille souhaite de nouvelles élections dans les plus brefs délais.
La création d’un comité ad hoc qui doit faire rapport sur la situation de la bâtonnière suspendue et dont les membres ont été désignés par le CA et qui n’a « d’indépendant que le nom », est « risible », critique l’éditorialiste « puisque c’est le CA qui, en flagrant conflit d’intérêts, en a nommé les membres ! »

Paralysé, l’organisme risque de ne pouvoir s’acquitter de sa tâche de protection du public. « Que faire ? De nouvelles élections sont nécessaires non seulement à la présidence, mais aussi au CA. Sinon, l’Office des professions devra intervenir afin de rétablir l’ordre dans ce panier de crabes », conclut M. Robitaille.

L’éditeur émérite du journal Les affaires, Jean-Paul Gagné, estime que la bâtonnière s’élèverait au-dessus de la mêlée en offrant de reprendre les élections.

Cela permettrait aux avocats de savoir « à quoi s'en tenir face à sa candidature et à celle de son adversaire. Si elle est réélue, sa légitimité sera assurée. Si elle est battue, elle subira les conséquences de son manque de transparence. Dans l'un et l'autre cas, elle aura montré sa grandeur », écrit-il.