Me Jean H. Gagnon a plus de 40 années d’expérience à titre d’avocat de négociateur, de médiateur et d’arbitre
Me Jean H. Gagnon a plus de 40 années d’expérience à titre d’avocat de négociateur, de médiateur et d’arbitre
Ce qui me désole le plus dans toute cette affaire, c’est le préjudice causé à l’image et à la crédibilité de l’ensemble des avocates et avocats du Québec.

Où sont passés les « Maîtres en solutions » lorsque les dirigeants de notre ordre professionnel y vont, de part et d’autre, d’affirmations publiques incendiaires et de stratégies isolées dont le résultat ne peut être que de faire perdurer une crise qui a débuté par un bris de confidentialité pour un évènement qui n’a rien à voir avec l’exercice de la profession d’avocat ?

Un confrère exerçant sa profession à l’extérieur du Québec m’écrivait avant-hier que les avocats étrangers avec lesquels il travaillait trouvaient « loufoque » cette situation qui, pour eux, montre du Québec l’image d’une « république de bananes ».

Dans cet univers de mondialisation, est-ce là l’image que nous voulons montrer à nos consœurs et confrères hors Québec ?

Ce n’est pas avec des communiqués, ni avec des comités nommés unilatéralement, que cette crise se réglera.

Si le Conseil d’administration décide, au bout du compte, de congédier notre Bâtonnière tout fraîchement élue, selon l’article 31 du Règlement sur les élections du Barreau du Québec (RLRQ, chapitre B-1, r. 8.1), son successeur au Bâtonnat du Québec (et ce, pour tout le reste de son terme de deux ans) ne sera pas élu par l’ensemble des membres du Barreau du Québec, mais par une élection à laquelle les seules personnes ayant droit de poser leur candidature sont les membres du Conseil d’administration et où les seuls électeurs sont aussi les membres du Conseil d’administration.

Croyez-vous que cela mettra fin à la crise actuelle au sein du Barreau du Québec ?
Et que penser de la crédibilité de ce nouveau Bâtonnier qui n’aurait pas été élu par les membres ?

Deux semaines plus tard, ne trouvez-vous pas que cette tragi-comédie a assez duré ?

Le temps est venu pour nos dirigeants élus (sans exception) de se mettre sans plus attendre à la recherche de véritables solutions.

Quelle que soit votre opinion de la médiation, soyez assuré(e)s que la seule véritable façon pour le Barreau du Québec, son Conseil d’administration et sa Bâtonnière de se sortir, à court ou moyen terme, de l’impasse actuelle passe par la négociation et/ou la médiation.

Il est possible que des recours judiciaires se poursuivent par la suite, mais il devient primordial que les volets de cette crise qui affectent la direction et le fonctionnement du Barreau du Québec soient réglés sans plus attendre afin permettre au Barreau du Québec de se concentrer sur sa mission et ses objectifs et, pour les avocates et les avocats qui ont voté en faveur du programme et des idées mis de l’avant par la Bâtonnière Lu Chan Khuong, d’obtenir qu’ils soient mis en œuvre.

En quelques mots : parlez-vous seuls ou, si vous n’en êtes plus capables, avec l’aide d’une médiatrice ou d’un médiateur.

Nous attendons de notre Bâtonnière et de nos administrateurs qu’ils se montrent maintenant à la hauteur de leur message « Votre avocat, maître en solutions! ».

Sondage Express

Pour régler la crise, le Barreau du Québec devrait-il déclencher des nouvelles élections au Bâtonnat?


Image du code de vérification Anti-Robot Essayer un autre code
Voir les résultats
(Votes : 616)


Bio


Avec 40 années d’expérience à titre d’avocat de négociateur, de médiateur et d’arbitre, Jean H. Gagnon est aussi l’un des pionniers du droit de la franchise au Canada. Il est également l’auteur de nombreux articles sur les moyens non judiciaires de prévention et de règlement des différends. Il est accrédité par l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec, par l’Institut de médiation et d’arbitrage du Canada, et par le Barreau du Québec.