Question :

J’ai une entrevue la semaine prochaine. Si le recruteur aborde par exemple la question de la suspension de la bâtonnière, Me Lu Chan Khuong, que puis-je dire ?

Dois-je donner mon opinion réelle (le fait que je suis mal à l’aise qu’elle n’ait pas divulgué ce fait à ses électeurs) ou suivre ce qui semble être l’opinion publique ou encore refuser de répondre car c’est de l’opinion.

Réponse:

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Bien que je ne sois pas friand de ce type de questions, certains employeurs ou recruteurs vont effectivement aborder les sujets d’actualité dans le cadre de leur processus d’entrevues.

Par contre, ils vont plus fréquemment toucher des questions de droit qui ont été soulevées récemment que des sujets politiques. Vous comprendrez que je classe la « saga Khuong » dans cette deuxième catégorie.

Le dossier du docteur Turcotte ou celui du recours collectif sur le tabac pourraient par exemple présenter plus d’intérêt d’un point de vue juridique que celui de Me Khuong. Par conséquent, vous avez plus de chance d’avoir à donner votre avis sur ces sujets que sur celui que vous anticipez.

Ceci étant dit, peu importe le sujet, le double objectif des questions d’actualité est de vérifier si vous suivez celle-ci et si vous êtes capable de vous forger une opinion structurée. Le tout dans le cadre de l’objectif ultime d’une entrevue, soit de vous connaître un peu mieux afin d’être en mesure de bien évaluer votre candidature.

Par conséquent, refuser de répondre parce qu’il s’agit d’une question d’opinion serait probablement la pire stratégie. On veut vous connaître alors mouillez-vous un peu.

Sans vous lancer dans une analyse approfondie, à moins que vous ne l’ayez déjà fait pour des raisons personnelles, vos interlocuteurs apprécieront une réponse structurée, basée sur les faits et le droit.

Cette capacité à développer un raisonnement juridique fondé sur ces deux aspects devrait être une aptitude que vous avez développée à la faculté de droit. Établissez cependant dès le début vos limites en terme de connaissance des faits ou du droit applicable afin d’éviter de vous tirer dans le pied.

Par exemple, au sujet de Me Khuong, vous pourriez mentionner que des informations contradictoires circulent et qu’en plus, vous n’êtes pas un spécialiste du droit pénal. Par contre, ce que vous comprenez des faits, c’est que la bâtonnière aurait convenu d’une entente privée avec l’entreprise l’ayant pris en défaut et qu’à ce titre, l’entente privée aurait du le rester.

Vous croyez que dans sa tête, il s’agissait d’un malentendu pour lequel la solution la plus simple était de payer l’amende privée et de clore le dossier sans avoir à plaider coupable ou à bâtir sa défense. Vous pourriez vous risquer à conclure qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau et que si les détracteurs de Me Khuong voulaient protéger l’intégrité du Barreau, ils auraient mieux fait de gérer le dossier de façon différente.

Mais là, vous vous mouillez un peu plus…. Par ailleurs, je vous souligne qu’il s’agit ici d’un exemple de réponse et non d’un avis personnel.

En conclusion, gardez en mémoire que vous devez répondre et démontrer que vous êtes aptes à vous forger une opinion réfléchie, quelle qu’elle soit, mais ne vous aventurez pas sur un chemin que vous ne connaissez pas.

Si jamais vous n’avez aucune idée de quoi parle votre interlocuteur, soyez honnête. Il y a une expression qui vient de je ne sais où et qui mentionne : « Il est préférable de se taire et de laisser croire aux gens que vous êtes un imbécile que de parler est d’en donner la preuve ».

Voilà pour cette semaine et j’espère que ma réponse pourra vous être utile.

Bonne semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.