Question

Bonjour M. Arcand,

Je pratique en litige civil et commercial en grand cabinet depuis un peu plus d'un an. Je souhaiterais travailler dans un contentieux en droit commercial général (rédaction et négociation de contrats, fournir des opinions juridiques aux divers secteurs de l'entreprise, etc.). La plupart des postes affichés demandent 3 à 4 ans d'expérience en droit des affaires. Puisque ma pratique actuelle est exclusivement axée sur le litige, je ne suis pas certaine de si je dois continuer à travailler dans ce cabinet afin d'atteindre le fameux 3 ans d'expérience (bien que l'expérience que j'acquière ne correspond pas parfaitement à celle requise dans les postes auxquels j'aspire). En d'autres mots, me sera-t-il plus facile de me réorienter avec 2 ou 3 ans d'expérience ou bien devrais-je entamer des démarches dès maintenant? Comment procéder dans un tel cas?

Je vous remercie et vous prie d'agréer, M. Arcand, mes salutations distinguées.

Réponse

Cher lectrice,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Dans la mesure où vous êtes convaincue de vouloir éventuellement faire le saut en entreprise, je n’hésite pas une minute à vous répondre de commencer dès maintenant vos démarches afin d’orienter votre pratique vers un domaine plus axé vers le droit des affaires.

Ceci dit, le fait d’avoir de l’expérience en litige sera toujours un acquis lorsque viendra le temps de poser votre candidature pour un poste en entreprise.

Pourquoi alors ne pas attendre deux ou trois ans avant de faire une transition ? Simplement parce que plus vous attendez, plus ladite transition sera difficile à faire surtout si vous désirez demeurer dans le giron des grands cabinets. Vous serez une avocate de 3 années d’expérience qu’ils devront traiter comme une recrue parce que vous en serez à vos premières armes en droit des affaires. Ce n’est pas le scénario qu’ils recherchent.

Comment procéder ? Premièrement, regardez chez votre employeur actuel les possibilités de transfert dans un autre département, ne serait-ce que ponctuellement pour débuter, notamment si les juniors sont dans le jus. Vous pourriez les aider sur des mandats de base. Si vous croyez que c’est possible parlez-en avec un des associés avec qui vous vous entendez bien en évitant préférablement de lui dire que vous ferez éventuellement le saut en entreprise. Vous verrez alors s’il y a une ouverture. Évitez aussi d’être trop catégorique dans vos demandes afin de ne pas envoyer le mauvais message. S’il n’y a pas d’ouverture, continuer à travailler à ce cabinet mais ouvrez les yeux sur les opportunités et surtout parlez-en à vos amis qui travaillent dans d’autres cabinets afin qu’ils gardent les yeux ouverts pour vous.

Rester pour mieux quitter

L’option de rester dans un grand cabinet est d’après moi la meilleure pour les raisons que j’ai mainte fois mentionnées dans des textes précédents mais elle n’est pas la seule. Si dans un an ou deux, la transition n’a pas pu se faire alors je vous conseillerais de regarder les plus petits cabinets qui offrent des postes de généralistes. À ce moment vous aurez deux ou trois ans d’expérience en grand cabinets (en litige) et si vous y ajoutez deux ans comme généraliste en droit dans un petit cabinet où vous serez moins encadrée et aurez moins d’outils ( absence de services corporatifs, adjointes, bibliothécaires et même des modèles de contrats particuliers).

Je crois que ça pourrait faire une combinaison gagnante pour des entreprises voulant ajouter un jeune juriste à leur équipe. Certaines entreprises hésitent à recruter un jeune n’ayant connu que les grands cabinets car ils estiment, à tort ou à raison, qu’il n’aura pas appris à se débrouiller sur le terrain, qu’il n’aura pas appris à être orienté solution plutôt que théorie juridique. Avoir passé quelques années dans une autre réalité pourra les sécuriser.

Pour terminer, je vous dirais d’être patient et de bien choisir votre prochain domaine de pratique ou cabinet (si c’est le cas) afin de vous assurer de ne pas vous confiner dans un domaine trop pointu. Plus votre expérience en droit des affaires sera variée, plus vous serez alléchante pour la majorité des contentieux d’entreprise.

Espérant que ce texte vous sera utile, je vous souhaite une belle semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.