Question :

Bonjour,

Je suis présentement au baccalauréat en droit et j'envisage d'orienter ma pratique vers le droit des assurances. Malheureusement, je constate que peu de cours sont offerts dans ce domaine à la faculté.

Je me questionne à savoir s'il existe des formations spécifiques au domaine de l'assurance qui pourraient me permettre de me « spécialiser » davantage dans ce domaine ?

Je vous remercie.

Réponse :

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Vous avez raison de dire que peu de cours en droit des assurances sont offerts dans le cadre des programmes universitaires mais il y a une raison bien simple à cela. Le droit des assurances est en soi particulier car il s’agit d’un domaine de pratique qui est essentiellement défini par le client et non par la pratique en soi.

Je m’explique : lorsque que l’on parle de droit des assurances, il est évident qu’on fait référence aux contrats d’assurances et aux notions de couvertures mais il s’agit là que de peut-être 10% de la pratique réelle des juristes spécialisés.

La majorité des dossiers vont faire appel à des notions de responsabilité professionnelle, contractuelle ou civile en plus de traiter de droit des obligations ou des biens. Une pratique en assurances vous amènera également à toucher au droit de la construction, du transport, de l’environnement et j’en passe. À la faculté, ces sujets sont couverts par des cours distincts ne faisant pas référence au droit des assurances.

Du litige en défense

En fait, une pratique en droit des assurances en est une de litige général principalement axée sur la défense bien qu’il arrive que les assureurs soit en demande, souvent en réclamation contre une autre compagnie d’assurances. Ce qu’il faut comprendre c’est que lorsqu’on pratique en litige général, c’est bien beau les questions de droit complexes mais les praticiens vous diront tous qu’il y a autant sinon plus de questions de faits que de droit.

Les dossiers d’assurances n’y échappent pas, surtout en début de pratique alors que les dossiers qui vous seront confiés impliqueront des montants en litiges peu élevés. Plus tard, vous serez peut-être impliqués dans des dossiers nécessitant l’intervention de la Cour d’appel mais ça demeurera l’exception, comme pour tout avocat de litige.

Alors pourquoi considère-t-on l’avocat d’assurances différemment de celui de litige ? Parce qu’il représente quasi exclusivement des compagnies d’assurances ce qui fait en sorte que ses clients sont eux-mêmes des spécialistes des litiges quand ce ne sont pas des avocats eux-mêmes.

Ces clients sont exigeants, dictent les méthodes de travail, exigent des rapports précis pour chaque dossier et vont être plus impliqués dans lesdits dossiers que la moyenne des clients. Votre pratique sera aussi différente parce que vous aurez rarement à vulgariser des concepts de droits à votre client ni à lui expliquer le pourquoi de tel ou tel délai ou procédures.

Pratique de volume

Côté pratico pratique, il s’agit souvent d’une pratique de volume dans le cadre de laquelle vous n’aurez pas à courir après les dossiers. Ils vont plus tôt s’empiler sur votre bureau, simplifiant par le fait même l’atteinte de vos objectifs d’heures facturables.

Des mandats à profusion et des clients avertis, la pratique idéale ?? Pas nécessairement car l’envers de la médaille, et il y en a toujours un, c’est qu’un client averti qui vous donne un volume de dossiers détient le gros bout du bâton lorsque vient le temps de parler de taux horaire.

Conséquemment, bien que personne ne meurt de faim, les taux des avocats en assurances sont souvent moins élevés que dans d’autres domaines. Par contre, si vous tenez compte du volume de dossiers et donc des heures facturées (et payées parce un client est solvable), on en vient à la conclusion que les spécialistes d’assurances tirent bien leur épingle du jeu.

Voilà en bref, ce qu’est la pratique d’un avocat d’assurances. Je termine en vous soulignant qu’il s’agit d’un très beau domaine de pratique pour un avocat junior intéressé par le litige. Ce dernier aura énormément d’occasions de plaider, il pilotera ses propres dossiers et les négociera, ce qui n’est pas donné à tous. Par contre, il doit être prêt à y mettre des heures, des heures et des heures… mais c’est comme ça qu’on apprend.

J’espère que ces informations vous aideront et je vous souhaite une belle semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.