Me Marie-Hélène Giroux procureure de la Couronne au Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), a donné sa démission au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales
Me Marie-Hélène Giroux procureure de la Couronne au Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), a donné sa démission au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales
Me Marie-Hélène Giroux, procureure de la Couronne au Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM), a donné sa démission au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), nous apprend La Presse.

Elle pilotait les dossiers contre l’ancien maire de Montréal Michael Applebaum et celui contre le groupe d’accusés du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et de SNC Lavalin, dossier qui échoue dans les mains de la procureure Nathalie Kleber.

Cette cause, explique le journal, l'opposait à plusieurs grands avocats de la défense, contre qui elle s’est battue durement ces dernières années. « Elle avait le dossier au complet dans sa tête, elle aurait pu aller à procès dès demain matin», a ainsi confié à La Presse un avocat et ancien collègue.

Le fruit d’une réflexion mûrie

Me Giroux, âgée de 50 ans cette année et mère de six enfants, retourne donc à la pratique privée du droit criminel. Elle continuera d'enseigner le droit à l'Université de Montréal.

« C'est une décision personnelle, le fruit d'une réflexion mûrie, a confié au journal celle qui est entrée au BLCM en 2012. J'ai réalisé que je n'étais pas très à l'aise dans le cadre de la fonction publique. Et la restructuration des équipes au DPCP a été un catalyseur, car on nous a demandé de faire une réflexion sur notre carrière, ce que nous voulons faire ».

Le DPCP va restructurer complètement ses équipes de lutte contre le crime organisé et la corruption. Le Bureau de lutte au crime organisé (BLACO), le Bureau de lutte aux produits de la criminalité (BLPC) et le Bureau de lutte à la corruption et à la malversation (BLCM) seront fusionnés et regroupés à Montréal.

Ce départ préoccupe Me Simon Jolin-Barrette, député de Borduas et porte-parole de Coalition Avenir Québec en matière de justice. « Avec ce plan, on veut transformer les procureurs spécialisés dans la lutte contre le crime organisé en généralistes afin de réaliser des économies. Il s'agit d'une perte d'expertise qui aura pour effet d'affaiblir la Couronne. La ministre peut-elle nous indiquer combien de procureurs chevronnés va-t-elle laisser partir du DPCP avant d'agir et d'envoyer un message clair que la lutte contre le crime constitue une priorité de son gouvernement? » a-t-il déclaré par voie de communiqué.