Louis LeBel, juge à la retraite de la Cour suprême du Canada
Louis LeBel, juge à la retraite de la Cour suprême du Canada
De nombreux juristes de renom étaient présents en ce 29 octobre à l’hôtel Fairmont Reine Élizabeth de Montréal pour faire un retour et rendre hommage à la carrière de l’honorable Louis LeBel, juge à la retraite de la Cour suprême du Canada. On retiendra également de l’événement la description de l’homme fait par ses consœurs qui le considèrent comme un ami.

Un hommage sous le signe de l’amitié

La présidente du colloque, l’honorable Nicole Duval-Hesler, juge en chef du Québec, qui a ouvert et clôturé l’événement, a rapporté l’importance pour l’honorable LeBel de servir la justice. « Il est une source d’inspiration pour les juristes du monde entier », a-t-elle déclaré.

Ancienne collègue de l’honorable Louis LeBel à la Cour d’appel du Québec puis à la Cour suprême du Canada, l’honorable Marie Deschamps en a dressé un portrait humain et touchant. Elle considère comme un ami celui qu’elle décrit comme un intellectuel curieux, audacieux et même avant-gardiste. Alors qu’il était associé dans un cabinet de Québec et « à une époque où aucune norme ne régit le congé de maternité, il fait insérer dans le contrat de travail de toutes les femmes embauchées dans son cabinet une clause leur garantissant un salaire durant six mois lorsqu’elles s’absentent pour s’occuper de leur enfant », raconte-t-elle.

Elle a également témoigné des dons de pédagogues, de l’intérêt pour les langues et de la mémoire phénoménale du juriste devant un public enchanté de découvrir cet aspect moins connu de sa personnalité.

La juge en chef de la Cour suprême, la très honorable Beverley McLachlin, était également présente pour souligner l’œuvre de son ancien confrère. Elle a mis en lumière le soutien indéfectible qu’il lui a donné afin de l’aider à remplir son rôle de juge en chef. Elle se rappelle d’un « homme sérieux qui ne se prend pas au sérieux pour autant » de même que d’un pédagogue qui a été le mentor d’une trentaine de clercs. Elle a décrit celui qu’elle a reçu comme « cadeau de Noël » de la part de l’ancien premier ministre Jean Chrétien comme un véritable « Renaissance man », un érudit, un savant et un philosophe, dont les « œuvres sont empreintes de sagesse ».

Une œuvre sans fin

Beverley McLachlin, juge en chef de la Cour suprêmem était présente pour souligner l’œuvre de son ancien confrère
Beverley McLachlin, juge en chef de la Cour suprêmem était présente pour souligner l’œuvre de son ancien confrère
Des plénières et des ateliers portant sur des domaines aussi divers que le bijuridisme, le droit civil, le droit administratif, le droit pénal, le droit international et le droit du travail ont illustré l’ampleur de l’influence et la polyvalence du juge LeBel. Des juges, des professeurs d’université et des avocats de renom ont analysé son influence, ses principaux jugements ainsi que de sa plume si caractéristique. En effet, qu’il s’agisse de faire référence à À la recherche du temps perdu dans ses conseils aux policiers ou de débuter une opinion en décrivant des génisses aux champs, sa présence vivante se faisait sentir dans chaque texte auquel il a collaboré.

Les conférenciers ont relevé tant sa curiosité intellectuelle dans tous les domaines et son souci de clarifier le droit, que la « lumière » qui émanait de ses écrits. Les textes des conférenciers seront d’ailleurs éventuellement publiés dans la Revue du Barreau canadien.

L’œuvre du juge LeBel ne fait que commencer à être analysée et évaluée selon plusieurs des intervenants. Un fait qu’admet le principal intéressé : « Je suis conscient que cette œuvre est appelée à la réévaluation. C’est une œuvre qui n’a pas de fin. »

L’amour du droit

L’honorable LeBel était accompagné de son épouse, Me Louise Poudrier, docteure en droit, qui a été vice-doyenne de la Faculté de droit de l’Université Laval jusqu’en 2000. Pour clore l’événement, il a déclaré à l’assemblée avoir été « très ému » et « profondément reconnaissant » de la décision de l’ABC-Québec de lui consacrer un colloque. Il a également humblement affirmé qu’il s’agissait en fait d’un « hommage aux institutions auxquelles il a appartenu, que ce soit la Cour suprême du Canada ou la Cour d’appel du Québec », puisque c’est par leur entremise qu’il a pu réaliser son travail.

L’éminent juriste a enfin prononcé des mots qui résumaient tant sa carrière que la journée qui venait de s’écouler : « L’amour du droit je l’ai eu, je le conserve et j’espère le conserver. »

Le comité organisateur de l’événement était composé de Me Stéphane Lacoste, de Teamsters Canada, Me Audrey Boctor, du cabinet Irving Mitchell Kalichman, de Me René Cadieux, du cabinet Fasken Martineau, de Me François Dadour, du cabinet Poupart, Dadour, Touma & Associés, de Me Manon Montpetit, de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, et de Me Pierre E. Moreau, de PE Moreau Avocat Inc.

L’ABC-Québec remercie les commanditaires qui ont rendu cet événement exceptionnel possible : le cabinet Langlois Kronström Desjardins, le Fonds FTQ, le cabinet Norton Rose Fulbright, PE Moreau Avocat Inc., Teamsters Canada et la Revue du Barreau canadien.