Renaud Lachance
Renaud Lachance
En septembre, le commissaire Renaud Lachance a annoté certaines pages d’une version préliminaire du chapitre sur le financement des partis politiques, a rapporté Radio-Canada jeudi matin. Renaud Lachance s’opposait aux critiques formulées contre Marc Bibeau, identifié comme un grand collecteur de fonds du PLQ, ainsi qu’envers Line Beauchamp et Nathalie Normandeau, ministres dans le gouvernement de Jean Charest.

Ces commentaires ont contribué à alimenter la relation déjà houleuse qu’entretenaient l’auteur et la juge France Charbonneau, selon des échanges de courriels.

«Il y aura bientôt un mois que tu as décidé de m’ignorer. Pourtant, je te rappelle que notre devoir va au-delà de nos différends», a dit par courriel Mme Charbonneau, le 30 août, au commissaire.

Dans ce même message, elle l’invite à inscrire ces commentaires dans le mot du commissaire plutôt que dans le rapport lui-même, sans quoi l’attention des médias et de la population risquait d’être détournée sur eux plutôt que sur le rapport.

Celui-ci lui aurait répondu simplement: «Tu devrais te regarder le nombril avant de faire la morale aux autres». Quelques jours plus tard, le commissaire Lachance a envoyé à la juge Charbonneau sa version annotée du chapitre le plus attendu du rapport. Radio-Canada a analysé 80 de ces commentaires.

Moins critique envers le PLQ

La juge France Charbonneau
La juge France Charbonneau
Des nombreuses annotations de Renaud Lachance visaient à édulcorer ou éliminer des critiques envers des dirigeants du Parti libéral du Québec.

Par exemple, Marc Bibeau, un proche de l’ancien premier ministre Jean Charest et qualifié régulièrement d’argentier du Parti libéral, ne semble pas avoir convaincu le commissaire Lachance de la nature de son rôle au sein du parti.

«Bibeau n’était pas seulement le responsable du financement du PLQ, a écrit M. Lachance. Seul Robert Benoît (ex-député d’Orford au PLQ) a dit qu’il a entendu dire que Bibeau était le responsable du financement. En fait, Bibeau n’a jamais eu de fonction officielle au PLQ.»

Or, lors des audiences de la commission Charbonneau, plusieurs témoins ont confirmé son rôle, entre autres Violette Trépanier, Marc-Yvan Côté, Tony Accurso et George Dick.

Le commissaire Renaud Lachance voulait aussi retirer environ cinq pages dans le rapport qui portaient sur Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre du Québec. La plupart des passages critiquaient la façon dont elle avait géré un programme de subventions pour des usines de traitement des eaux.

Finalement, M. Lachance a souhaité qu’on retire une section du rapport qui racontait que l’ex-ministre Line Beauchamp avait déjeuné au club privé 357C avec des dirigeants de firmes de génie et de construction. Le rendez-vous s’était tenu cinq jours après le déclenchement de la campagne électorale de 2007, dont elle était la directrice pour le PLQ.

Renaud Lachance a aussi inscrit le mot «ridicule» à plusieurs reprises pour qualifier des passages du chapitre, sans toutefois étoffer son opinion.