Question :

Bonjour,

Je suis présentement étudiant au baccalauréat en droit. Un peu tanné de sans cesse apprendre des règles, j'ai décidé de suivre un cours de chinois à la place d'un cours de droit positif. Dans les années à suivre, j'aimerais poursuivre cet apprentissage.

Toutefois, je me demandais si le fait d'apprendre une langue étrangère est (1) un atout recherché des employeurs du secteur juridique et (2) une formation pouvant entrer dans l'objectif d'heures non facturables de la plupart des cabinets.

Apprendre une troisième langue, fort différente de l'anglais et du français, est un investissement considérable en temps et énergie. C'est pourquoi je veux être certain de ne pas m'investir sans réelles retombées.

Réponse :

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Vous avez raison de vous questionner sur les éventuelles retombées associées à la connaissance d’une langue étrangère. Tous conviendront que la maitrise d’une langue étrangère constitue un atout sur un CV.

Ce qui est plus complexe est de déterminer si ledit atout sera synonyme d’opportunités d’emploi. La réponse n’est vraiment pas claire.

De façon générale, la connaissance d’une langue autre que le français et l’anglais est très rarement considérée comme une exigence par les employeurs. Dans certains cas, ces derniers préciseront qu’il s’agira d’un atout mais sans mettre l’emphase sur ce point.

Par contre, il existe certaines exceptions comme par exemple lorsque l’employeur est une société étrangère. Particulièrement pour une langue comme le chinois, un employeur chez qui les hauts dirigeants parlent uniquement ladite langue favorisera sans aucun doute un employé capable de communiquer avec eux.

Si ce phénomène peut être constaté lors de l’embauche, il devient encore plus évident lorsqu’on aborde le sujet des promotions à l’interne. Il est toujours plus facile de se mettre en évidence lorsqu’on parle la même langue que nos supérieurs et cette habilité prend de plus en plus d’importance au fur et à mesure que l’on s’approche du centre décisionnel de l’entreprise.

En plus des employeurs étrangers, les sociétés canadiennes faisant affaires à l’international pourraient être intéressées par des employés parlant le langage de leurs clients. Par contre, cette aptitude linguistique sera beaucoup plus recherchée pour des postes en ventes, en développement des affaires ou encore au niveau des opérations que pour ceux de nature purement juridique.

Il faut se rappeler qu’être multilingue ce sera toujours un atout à défaut d’être un critère essentiel et ce pour quelque poste que ce soit.

Je répondrai donc à votre première sous question en vous disant que le fait d’apprendre une langue étrangère sera un atout recherché par certains employeurs. Ces employeurs par contre représentent une infime minorité sur l’ensemble des employeurs potentiels alors si votre investissement n’est fait que dans l’optique d’améliorer votre employabilité, il est peut-être préférable de mettre vos énergies ailleurs.

Par contre, si vous avez un intérêt personnel dans cet apprentissage n’hésitez pas à vous y investir car cela vous servira sûrement si ce ne l’est pas au niveau professionnel.

En ce qui a trait à votre deuxième sous question, je désire vous souligner qu’il n’y a pas d’objectifs d’heures non facturables dans la majorité des cabinets. Ces derniers établissent des objectifs d’heures facturables et vont occasionnellement tenir compte des heures non facturables si elles peuvent être utiles au cabinet (développement de clientèle, visibilité et prestige du cabinet, etc..)

L’apprentissage d’une langue étrangère sera rarement, voir jamais, considéré comme des heures non facturables.

J’espère que ma réponse pourra vous être utile et je vous souhaite une bonne semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.