Me Kim Thomassin, associée directrice du cabinet McCarthy Tétrault
Me Kim Thomassin, associée directrice du cabinet McCarthy Tétrault
Me Kim Thomassin, associée directrice du cabinet McCarthy Tétrault, est une négociatrice reconnue. Elle a d’ailleurs relevé le défi de développer les habiletés de négociation d’étudiantes universitaires en tant que leader de la première cohorte de L’effet A.

En avril, elle coanimera, avec Me Claire Brassard, associée propriétaire au cabinet Cain Lamarre, un atelier interactif intitulé Négociation professionnelle pour femmes juristes : avancement de carrière et conditions de travail présenté par le Forum des femmes juristes de l’ABC-Québec.

Découvrez ce qui motive cette avocate engagée à rendre l’art de la négociation accessible à toutes.

Une demande bien réelle

C’est lors d’une autre conférence du Forum des femmes juristes en juin dernier où Me Thomassin était conférencière avec la femme d’affaires Isabelle Hudon de la Sun Life, que l'avocate a réalisé l’ampleur de l’intérêt des femmes juristes à parfaire leurs aptitudes de négociatrice. « J’ai été en contact avec plusieurs collègues et consoeurs et nous avons parlé des situations qu’elles vivaient et de leurs besoins de développer de meilleurs outils », raconte-t-elle.

La motivation de Me Thomassin à soutenir ses consœurs provient également d’une statistique révélatrice. En effet, « les femmes négocient trois fois moins que les hommes et obtiennent de moins bons résultats », affirme-t-elle. Elle observe que les femmes sont souvent inconfortables face à la négociation et qu’il faut connaître son style naturel et s'exercer pour s’améliorer.

D’où l’idée d’un atelier pratique interactif au cours duquel les participantes auront à négocier. Un important travail préalable devra aussi être réalisé, tant par les participantes que les organisatrices.

En s’inscrivant, les juristes doivent remplir un questionnaire au sujet de leur carrière, de leurs motivations et de leurs objectifs. Les réponses guideront les animatrices dans la préparation de cas véridiques adaptés à la réalité du groupe. Les participantes se pratiqueront lors de simulations en face à face afin d’appliquer les notions apprises et d’accroître leur confiance.

« Toutes les personnes qui sont susceptibles de négocier sont les bienvenues », résume Me Thomassin. Qu’il s’agisse de salaire, de conditions de travail, d’une promotion, de réclamer des ressources supplémentaires dans une équipe, d’obtenir une plaidoirie, de se joindre à un comité, d’avoir un plus long congé de maternité ou même de sa première hypothèque, les aptitudes de négociation s’utilisent à toutes les sauces.

« Les participantes doivent aussi avoir envie d’en apprendre sur elles-mêmes pour découvrir leur type de négociatrice et leurs aptitudes dans ce domaine », explique l’avocate. Les hommes seront bien évidemment accueillis à bras ouverts, mais l’atelier sera conçu pour répondre aux besoins les plus souvent rencontrés par les femmes juristes.

Négocier pour soi, un défi

« Comme avocat, notre travail est de négocier pour le compte de notre client. Mais, et c’est aussi vrai pour moi, on négocie plus facilement pour les autres que pour soi-même », confie l’associée directrice. Malgré cette difficulté supplémentaire, Me Thomassin a réussi à obtenir beaucoup plus que ce à quoi elle s’attendait lors d’une négociation professionnelle passée. « J’avais peut-être sous-estimé mes besoins, mais j’avais fait mes devoirs! » conclut-elle.

De précieux conseils

Être bien préparée est le premier conseil que Me Thomassin donne aux femmes qui s’apprêtent à s'engager dans des pourparlers. « La préparation augmente la confiance, soutient-elle. Il ne faut pas hésiter à aller cherche de l’aide : un mentor, un coach, une collègue qui vit la même chose. » Le réseau est également un atout majeur qui permet d’avoir un accès à des informations cruciales. « Knowledge is power! », clame Me Thomassin.

Jouer franc jeu et adopter une attitude respectueuse est aussi essentiel. « Cinq ou dix ans plus tard, les personnes avec qui on a travaillé pourraient très bien se souvenir de nous, souligne l’associée directrice. On revient donc à la base : il faut traiter les autres comme on veut être traité. »

Enfin, l’instinct et la perspicacité peuvent être des alliés dans les situations délicates. Il faut savoir se mettre dans la peau de l’autre partie et lire les enjeux. La capacité de s’adapter permet de bien réagir aux imprévus. Lorsque l’on se sent désarçonné, Me Thomassin recommande de « prendre un moment de recul et de reporter la négociation à un autre moment. Il faut avoir le courage de le faire pour revenir en pleine possession de ses moyens. »

Pour en savoir plus et découvrir vos propres aptitudes de négociatrice l’atelier Négociation professionnelle pour femmes juristes : avancement de carrière et conditions de travail du 14 avril prochain est à noter à votre agenda!