Me Evelyne Verrier est associée chez Lavery et coordonnatrice du secteur Produits et services financiers.
Me Evelyne Verrier est associée chez Lavery et coordonnatrice du secteur Produits et services financiers.
Membre du Barreau du Québec depuis 1993, Me Evelyne Verrier est associée chez Lavery et coordonnatrice du secteur Produits et services financiers.

Si elle exerce en litige et en droit des assurances, sa pratique couvre aussi un important volet en analyse et conformité.

Très impliquée au sein du cabinet où elle a toujours pratiqué, elle a siégé au conseil d'administration et est l'associée coresponsable du volet développement des affaires du groupe Litige, en plus d'être membre du comité des finances.

Droit-inc est allé à sa rencontre.

Vous avez toujours pratiqué en droit des assurances. Qu'est ce qui a motivé ce choix

J'étais prédestinée à exercer dans ce domaine. Je viens d'une famille de chiffres et d'assurances. Après le Cégep, j'ai d'abord fait un baccalauréat en actuariat à l'Université Laval avant de compléter un baccalauréat en droit. Le droit est un domaine plus relationnel qui correspondait plus à ma personnalité. Ma formation en actuariat est un atout intéressant qui me permet de comprendre les enjeux de l'industrie, d'avoir une vision globale de son fonctionnement et de celui des opérations quotidiennes. Elle m'a aussi permis de développer un réseau constitué de mes amis de la faculté avec qui j'ai gardé contact.

Vous êtes à la tête du groupe de Produits et Services financiers. Parlez nous de votre rôle et du fonctionnement du groupe …

Le groupe est multisectoriel avec un fil commun : les produits et services financiers. Il est composé de huit avocats qui se spécialisent en litige, droit disciplinaire, valeurs mobilières et droit corporatif. Nous voulions offrir une réponse adaptée aux demandes de nos clients. Quand ils nous consultent, peu importe l'origine du problème, nous offrons la ressource dont ils ont besoin. La complémentarité des expertises permet aussi de diminuer leurs coûts.

En tant que coordinatrice du groupe, je m'assure qu'il n'y a pas de chevauchement dans les démarches, que les plans de développement des affaires et de formation sont cohérents. J'assure la répartition du travail entre les membres de l'équipe. Il est important de déceler les forces de chacun pour que le groupe puisse atteindre ses objectifs et développer la collégialité. Nous faisons une réunion mensuelle lors de laquelle on peut discuter des dossiers en cours.

Pour quelle clientèle et dans quels genres de mandats intervenez-vous ?

Nous représentons différents acteurs du secteur financier, des cabinets de courtage, des banques, des assureurs et réassureurs. Comme nous ne sommes pas un cabinet national, nous travaillons aussi de concert avec des cabinets à l'extérieur de la province dont les clients ont des intérêts financiers au Québec. Nous intervenons par exemple quand un client veut se constituer dans la province pour distribuer des produits financiers, pour la création de nouveaux produits, en cas de fusions et acquisitions. Nous agissons aussi comme intermédiaires entre les clients et le régulateur pour assurer la conformité aux règlements et aux lois.

Notre clientèle est sophistiquée, les avocats à l'interne sont à jour et ont donc des attentes très élevées, il faut apporter une réelle plus value. Dans certaines affaires, nous assistons le client à la pièce et il y a alors une répartition des tâches entre l'interne et l'externe.

Quels sont les défis auxquels vous faites face dans le cadre de votre pratique ?

Le monde évolue très rapidement, notamment le domaine de l'internet et des technologies. Il y a beaucoup d'inconnues et il faut parfois essayer de prévoir quel sera l'encadrement dans des situations qui n'existent pas encore. La loi sur les services financiers n'a pas été changée depuis 20 ans. En parallèle, il y a une intervention législative accrue en matière de conformité, il faut donc se tenir à jour de manière rigoureuse. Après les différents scandales financiers, les entreprises sont sensibilisées et veulent gérer leur "risque réputationnel" qui est devenu un enjeu de premier plan.

Est-ce un domaine de pratique porteur pour les jeunes avocats ?

C'est un secteur en évolution et le point de saturation n'est pas atteint, la demande risque d'augmenter ou de rester stable mais pas de baisser. Il y a de nombreux changements qui arrivent et l'industrie continue d'évoluer. C'est une niche très pointue qui demande de la rigueur et de la profondeur.