Corey Anne Bloom, CPA, CA, CA•EJC, CFF, CFE, membre émérite de l’ACFE, est associée au sein des Services d’enquêtes et de juricomptabilité de MNP
Corey Anne Bloom, CPA, CA, CA•EJC, CFF, CFE, membre émérite de l’ACFE, est associée au sein des Services d’enquêtes et de juricomptabilité de MNP
Au Canada comme partout ailleurs dans le monde, les cas de fraude sont encore bien réels. Qu’il s’agisse de la débâcle d’Enron ou d’une fraude comme celle commise par Earl Jones au Québec, bon nombre de scandales ont défrayé la chronique au cours des dernières années.

Le battage médiatique qui s’ensuit peut parfois avoir de grandes répercussions sur la réputation des sociétés et des gens et ont même déjà mené à la chute d’organisations tout entière. Par conséquent, les lois et les règlements ont été étoffés, augmentant considérablement la responsabilité de la direction en ce qui concerne le risque de fraude.

Ce qui nous amène à nous poser la question suivante : le risque de fraude peut-il être géré et quelle contribution les professionnels peuvent-ils apporter?

Trois types de fraudes

Toutes les organisations, quelle que soit leur taille, sont exposées au risque de fraude. Afin de mieux comprendre la gestion du risque de fraude, il est essentiel de distinguer les différents types(1) de fraudes financières, lesquelles sont souvent divisées comme suit : la fraude à l’interne, la fraude à l’externe et la fraude contre des particuliers. Dans le présent article, nous traiterons principalement de la gestion de la fraude à l’interne.

Qu’est-ce que la fraude à l’interne? Il existe diverses définitions. Selon l’Association of Certified Fraud Examiners, il s’agit de l’« utilisation de son emploi à des fins de gain personnel par le biais du détournement ou de l’usage abusif délibérés des ressources ou des actifs de l’organisation. » (Traduction) Autrement dit, il est question de fraude à l’interne lorsqu’un employé, un directeur ou un haut dirigeant commet une fraude contre son employeur.

Malheureusement, comme les malfaiteurs font constamment preuve de créativité et d’ingéniosité, les types de fraude auxquels une organisation peut être exposée sont infinis. Raison de plus pour être tout aussi inventif au moment d’élaborer des stratégies visant à protéger les organisations.

D’ailleurs, la paie, le remboursement de dépenses, la facturation, la falsification de chèques, le vol de fonds et le détournement d’actifs hors trésorerie font partie des éléments couramment exploités par les fraudeurs à l’interne.

Trois facteurs intereliés

Il est généralement admis que trois facteurs intereliés entrent en jeu lorsqu’un employé commet une fraude à l’interne : la motivation, l’occasion et la capacité de rationaliser les comportements frauduleux.

S’il est difficile, voire impossible pour une organisation de contrôler la motivation et la rationalisation, les occasions de commettre une fraude, elles, peuvent être endiguées. Or, nombreuses sont les organisations qui ont tendance à négliger les contrôles anti-fraude qui existent et qui comptent parmi les plus efficaces. Ce qu’il faut savoir, c’est que la mise en place de contrôles, comme les vérifications surprises et les évaluations officielles du risque de fraude, permet une réduction substantielle des coûts et du temps consacré à réparer les dommages liés à une fraude.

En intégrant des politiques efficaces à un cadre de lutte contre la fraude bien structuré, et en faisant preuve d’un leadership clair et ferme sur le plan éthique, il est possible de se doter d’outils solides pour atténuer le risque de fraude.

Un système de contrôle

Il est essentiel de bien comprendre et de documenter les composantes comme la sensibilisation à la fraude, le signalement de conflits d’intérêts, les procédures de communication et la protection accordée aux dénonciateurs, ainsi que les mesures correctives pouvant être prises. Tous ces éléments peuvent être intégrés à un système de contrôle en bonne et due forme faisant l’objet d’une surveillance adéquate.

En somme, bien que la responsabilité de protéger les actifs et les ressources de l’organisation incombe en dernier lieu à la haute direction, celle-ci fait souvent appel à des professionnels externes pour l’aider à cet égard.

La coopération entre les conseillers juridiques et les juricomptables a grandement contribué à aider les organisations à gérer le risque de fraude en favorisant la sensibilisation à ce dernier et en contribuant à concevoir des mécanismes visant à détecter et à prévenir la fraude. Voilà un cas où, comme le dit l’adage, il vaut mieux prévenir que guérir.

(1) D’autres catégories existent; toutefois, pour les besoins du présent article, nous avons opté pour ces trois catégories.

Corey Anne Bloom, CPA, CA, CA•EJC, CFF, CFE, membre émérite de l’ACFE, est associée au sein des Services d’enquêtes et de juricomptabilité de MNP.

Leader dans son domaine, elle a travaillé sur des centaines de mandats dans de nombreux secteurs, comme l’immobilier, la construction, les ressources naturelles, l’éducation, la santé, les produits chimiques, l’expédition et le transport, ainsi que les sociétés ouvertes.

Elle possède plus de 18 ans d’expérience en juricomptabilité, y compris en juricomptabilité relative aux TI, en détection de fraude et en enquête, en prévention du risque de fraude, en résolution de conflit, en gestion du risque et gouvernance, en soutien en cas de litige, en réclamations d’assurance et en litiges entre actionnaires. Elle mène aussi des entretiens et offre de la formation anti-fraude.