Sans avocats, ils se «défendent» à 3 ans!
Sans avocats, ils se «défendent» à 3 ans!
Ces enfants, dont certains âgés d'à peine trois ou quatre ans qui, menacés d'être déportés vers leur pays d'origine en Amérique latine, se résignent ainsi à assurer leur propre «défense» en cour, apprend-t-on dans le Washington Post.

Selon le journal, 42 % des quelque 20 000 enfants visés par des procédures de déportation aux États-Unis n'avaient pas d'avocat entre juillet et décembre 2014.

Le débat fait rage ces jours-ci : ces enfants devraient-ils avoir droit à une défense entière payée par l'État ?

Une situation absurde

« Il y avait cette petite fille qui étreignait une poupée, elle était si petite qu'elle pouvait à peine voir au-dessus de la table et atteindre le micro », raconte le sénateur démocrate Harry M. Reid. Des organisations pour la défense des droits humains, notamment Human Rights Watch et l'American Civil Liberties Union (ACLU), à l'origine d'un recours collectif au nom de 14 plaignants mineurs, dénoncent cette situation « absurde ».

Mais, de son côté, Jack H. Weil, ex-juge en matière d'immigration, croit plutôt qu'il est possible pour un enfant de moins de cinq ans de comprendre la loi sur l'immigration. « J'ai littéralement enseigné le droit de l'immigration à des enfants de trois ou quatre ans, a-t-il lancé dans le dossier opposant le ministère de la Justice et l'ACLU. Ça prend du temps et de la patience. Mais ils comprennent. »

Loufoque, cette affirmation a été tournée en ridicule par des experts juridiques et en psychologie de l'enfant. « À cet âge, les enfants n'ont pas de raisonnement logique. Il est absurde de croire qu'on peut leur apprendre suffisamment de notions en droit de l'immigration pour qu'ils puissent se représenter en cour », tranche le professeur en psychologie Laurence Steinberg.