Québec dépense 16 140 $ pour une passoire
Québec dépense 16 140 $ pour une passoire
Le « pastafarisme », croyance se réclamant d’un Dieu appelé « le monstre en spaghetti volant » est-elle une religion ? Cette étude a été commandée par la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) pour la somme conséquente de 16 140 dollars, dans le cadre de procédures judiciaires.

Selon La Presse, le gouvernement cherche ainsi à étayer son argumentaire au sujet de ce qui constitue, ou non, des signes religieux ostentatoires. L’histoire avait commencé en 2014, lorsqu’une employée de la Ville de Montréal avait revendiqué son droit d’apparaître sur la photo de son permis de conduire coiffée d’un foulard de pirate ou d’une passoire. Charte canadienne des droits et libertés à l’appui, la plaignante avait déclaré que la SAAQ l’empêchait d’afficher ses croyances religieuses.

Les avocats auraient dû couper court

Reste que, pour la députée caquiste Nathalie Roy, cette dépense considérable est un véritable gaspillage des fonds publics dans une cause qu’elle juge parfaitement « frivole.»

Selon elle, les avocats du gouvernement auraient dû couper court aux procédures. « Voyons, batinsse, il n'y a personne qui penserait que c'est une religion! Il faut être complètement déconnecté ou vivre dans un monde artificiel », a-t-elle déclaré au journal.

Le juge Stéphane Sansfaçon, dans une décision rendue en octobre 2015, a également critiqué la volonté des avocats de la SAAQ, arguant que de telles causes, longues et inutilement coûteuses, devaient être écartées rapidement.

Un avis que ne partage pas le ministre des Transports Jacques Daoust, qui a déclaré lors d’une rencontre de presse que « si le tribunal avait décidé ce matin-là que ce n'était pas frivole, et puis on n'avait pas de défense à offrir, bien imaginez-vous, le chapeau de pirate aurait gagné ».