Question:

Bonjour Monsieur Arcand,

Je viens de terminer mon barreau et je n’ai pas de stage confirmé pour le moment. On m’offre un stage dans un petit cabinet pour un montant que je trouve ridicule c'est-à-dire 400$ par semaine. Je me demande si ce n’est pas de l’exploitation et si je devrais ou non accepter ce stage. Quand pensez-vous ?

Réponse:

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Dans l’hypothèse ou vous travaillerez 35 heures par semaine, votre rémunération serait de 11.40$ / heure ce qui est un peu au-dessus du salaire minimum actuel. Ce n’est pas le Pérou mais dites-vous qu’il y a de nombreux stages non rémunérés alors vous n’êtes pas dans le pire des scénarios.

Ceci étant dit, la rémunération n’est pas la première chose que vous devriez considérer avant d’accepter une offre de stage. Il est en effet plus important d’avoir une idée générale du type de travail que vous ferez, des domaines du droit que vous toucherez et de l’encadrement dont vous bénéficierez.

C’est ce qui à mon avis, distingue un bon stage d’un stage quasi inutile d’un point de vue formatif et c’est justement ce point de vue qu’il ne faut pas oublier. Le stage n’est pas un emploi mais une période de formation qui vous mènera à votre assermentation à titre d’avocat. Il est donc important que ledit stage soit formateur plus qu’il ne sera lucratif.

Pour bien évaluer la valeur de votre stage, il est approprié de poser des questions aux associés du cabinet mais aussi de vous informer auprès des anciens stagiaires afin de prendre connaissance de ce qu’ils ont vécu. Il faut non seulement savoir ce qu’ils ont fait mais plus important encore, savoir quel était le degré d’implication des associés dans l’encadrement et la formation des stagiaires.

Apprendre sur le tas a ses bons côtés mais rien ne vaut un maître de stage qui aura à cœur de participer à votre apprentissage. Croyez-moi, vous aurez bien d’autres occasions d’apprendre de façon autodidacte plus tard dans votre carrière de juriste.

Outre l’aspect formation, une donnée importante à considérer est celle de l’après stage. Est-ce qu’il y aura des possibilités d’emplois et à quelles conditions? La perspective d’obtenir un emploi après la fin de votre stage peut s’avérer beaucoup plus bénéfique qu’une rémunération hebdomadaire de quelques centaines de dollars de plus pendant votre stage.

Encore là, les associés pourront vous fournir l’information mais, sans présumer de leur mauvaise foi, obtenir le son de cloche des anciens stagiaires pourrait s’avérer pas mal plus utile et représentatif de la réalité.

Une fois que vous vous êtes assuré que vous bénéficierez d’un stage de qualité, à plus forte raison si vous n’obtenez pas cette confirmation mais êtes dans l’obligation d’accepter cette offre faute de mieux, il n’est pas défendu de tenter d’obtenir un peu plus. Comment s’y prendre ? Comme dans toute bonne négociation, il faut connaître la partie adverse.

Encore là les anciens pourront peut-être vous fournir des munitions. Quelle était leur rémunération ? Avaient-ils droit à des bonus ? Combien d’heures par semaine travaillaient-ils ? Il s’agit si possible de trouver des précédents… un peu comme en droit. Par la suite, je vous suggère d’aborder le sujet de façon très délicate et surtout non revendicatrice. Vous n’avez pas encore accepté ladite offre alors il est possible pour eux de la retirer.

Suggérez des pistes de solutions qui se justifient d’un point de vue économique, en fonction des heures facturées aux clients par exemple. Soyez créatif et ouvert aux arguments de l’autre partie, c’est la meilleure façon d’arriver à un compromis intéressant, surtout quand vous n’avez pas le gros bout du bâton dans le cadre de la négociation. Ce qui, vous en conviendrez, est exactement votre cas.

Ne désespérez pas, votre pouvoir de négociation devrait s’améliorer après quelques années de pratique et par le fait même vos capacités à manger autre chose que des Kraft dinner… Quoique si on met de côté l’aspect chimique du produit, ça fait le travail…

J’espère que ma réponse vous sera utile et je vous souhaite une belle semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.