Question:

Bonjour,

Je me demandais s'il était acceptable dans la pratique d'accepter un stage et de par la suite se décommander si on en trouve un autre plus dans le domaine qui nous intéresse?

Je présume qu’éthiquement parlant ce n'est pas la meilleure chose à faire, cela dit mon problème est que je souhaite faire du droit criminel pour la poursuite ou pour l'aide juridique, mais comme il s'agit de stages très difficiles à avoir je cherche un plan B en civil, et pour le bureau que je vise, je dois faire les demandes 8 mois avant d'avoir une réponse pour ces deux organismes gouvernementaux... Donc que faire ? Miser toutes mes chances sur ma passion et peut-être me retrouver sans stage (ou avoir de la misère à m'en trouver un quand le barreau sera terminé) ou être prévoyante et risquer de froisser un employeur...?

Réponse:

Cher lecteur,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Il s’agit d’une question délicate à laquelle il n’existe pas de réponse claire. D’un côté, vous avez raison en mentionnant qu’éthiquement parlant ce n’est pas l’idéal d’abandonner son maître de stage après lui avoir dit oui. D’un autre côté, certains types de stages sont confirmés tardivement comme c’est le cas pour ceux que vous convoitez. Que faire alors ?

Mon premier réflexe serait de vous dire que si vous annoncez la mauvaise nouvelle à votre maître de stage assez longtemps d’avance et que celui-ci peut raisonnablement envisager pouvoir vous remplacer. Vous ne devriez pas vous sentir lié outre mesure. Votre maître de stage sera sans doute déçu, peut-être aura-t-il certains ressentiments à votre égard mais il n’en subira pas des dommages excessifs, outre d’avoir à recommencer son processus de sélection.

Évidemment il est recommandé d’annoncer la nouvelle avec doigté et professionnalisme. Oubliez les échappatoires faciles comme un courriel ou un message sur la boite vocale. Ce n’est jamais agréable d’aller annoncer une mauvaise nouvelle à quelqu’un mais cette personne, peu importe les circonstances, mérite que vous ayez la décence de vous déplacer pour lui présenter les faits. Cela s’applique autant à un employeur qu’à un employé.

Et dans votre cas, ce n’est pas comme si vous le lâchiez pour un compétiteur ou pour des raisons futiles. Vous lui annoncez qu’il était votre plan B alors que vous étiez dans l’impossibilité de savoir si votre plan A allait fonctionner. C’est une raison que je juge pour ma part très acceptable. Il vous dira sûrement qu’avoir su il aurait engagé l’autre candidat ou lieu de vous et que celui-ci n’est maintenant plus disponible. C’est vrai, mais que voulez-vous y faire?

Répétez-lui que s’il y avait eu une solution possible, autre que de vous mettre vous-même à risque, vous ne seriez pas dans cette position aujourd’hui. Il comprendra sûrement qu’en début de carrière comme vous l’êtes, vous ne pouvez pas vous permettre de risquer de vous retrouver sans stage alors vous n’avez pas le choix d’avoir des plans A, B, C et D. Ceci étant dit, vous êtes dans l’une des rares situations où je recommanderais de faire faux bon à un employeur après avoir accepté un poste chez lui, que ce soit un stage ou un emploi permanent.

La raison la plus souvent évoquée pour justifier un tel volte-face est la rémunération. Si telle était votre situation, ma réponse serait totalement différente. Sauf bien entendu si votre employeur actuel ou votre maître de stage ne vous rémunère pas raisonnablement. Il y a des employeurs qui vont profiter de la situation des stagiaires pour leur offrir des rémunérations ridicules et ainsi se doter de main d’œuvre peu dispendieuse qu’ils vont facturer à leur client en faisant un juteux profit. Dans ces circonstances, je n’aurais aucun remord à les laisser tomber en me disant qu’ils sont les artisans de leur propre malheur.

Si votre rémunération est raisonnable et que vous avez une opportunité un peu plus payante ailleurs, ce n’est pas, à mon avis, une bonne raison de revenir sur votre parole. Vous me direz que ça dépend de l’écart de rémunération. Mais sur les 6 mois que durera votre stage, ça ne devrait pas faire une différence appréciable.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.

Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.