Israël Gélinas est notaire et couturier.
Israël Gélinas est notaire et couturier.
Dans sa cuisine, penché sur sa Singer, Me Israël Gélinas confectionne. Des robes de cocktail et de bal, surtout. Sa dernière collection a été présentée présentée en juin, dans les Cours Mont-Royal.

La mode, c’est la passion qui lui est venue en premier. Tout petit, déjà, il apprend aux côtés de sa mère les rudiments de la couture. À la télévision, il découvre les défilés, les robes incroyables siglées Dior, Calvin Klein ou Armani.

« Mais le marché de la mode est difficile, estime-t-il. J’avais envie d’un métier qui m’apporte de la stabilité, alors après le Cegep, je me suis intéressé au droit. » S’ensuivent plusieurs années à l’Université de Sherbrooke pendant lesquelles il se spécialise en droit notarial.

Il a présenté une première collection en 2015.
Il a présenté une première collection en 2015.
Durant l’hiver de sa dernière année en droit, son goût pour la mode refait surface. À la faveur du défilé organisé par son université, il fait un pari fou : réaliser sept robes en quelques semaines. Ce projet lance son rêve. Deux ans et une assermentation plus tard, il exerce comme notaire et prépare sa deuxième collection les soirs venus.

Cette année, la présentation de la collection été 2016 prendra la forme d’une séance de photos. Celle qui sortira en janvier (printemps-été 2017) fera quant à elle l’objet d’un défilé officiel et de plusieurs autres présentations.

La rigueur comme point commun

Opposées, ses deux carrières ? Pas complètement! « Ce qu’elles ont en commun, c’est le souci de rigueur, confie Me Gelinas. Le droit notarial est très rigoureux, strict, minutieux. Réaliser un vêtement demande de la créativité, certes, mais au final on n’obtient rien si l’on est pas rigoureux et minutieux également! »

Mais ce qui les rapproche, finalement, c’est peut-être son goût pour l’aventure. Après une année de stage chez Me Dominique Lettre, à Longueuil, qui lui a enseigné les fondements du métier, Me Gelinas éprouve le désir de partir son propre service, plutôt que de rejoindre un cabinet de notaires existant.

Il coud essentiellement des robes de bal.
Il coud essentiellement des robes de bal.
Après quelques recherches, il découvre que le cabinet d’avocats-médiateurs Chabot ne possède pas de service notarial. « J’avais longuement étudié ce qu’ils proposaient et je suis arrivé avec un plan d’affaires », témoigne-t-il.

Conquérir Paris

Le cabinet pratique beaucoup en médiation familiale. « Si les gens se présentent pour une médiation dans le cadre d’un divorce, ils vont probablement avoir besoin des services d’un notaire dans le cadre de la vente de leur condo ou de leur maison », explique Me Gelinas.

Il pourrait y avoir également des testaments à établir ou réviser pour leurs enfants, par exemple. Avec ce nouveau service, les clients du cabinet ont donc tout sous le même toit. Et ça fonctionne! Une autre notaire a même rejoint l'équipe il y a quelques semaines.

Ses projets ? Se faire connaître au Québec, et puis conquérir New-York et Paris. Une expansion européenne est déjà dans ses très prochains plans. Mais surtout, « dans dix ans, je veux pouvoir coudre ailleurs que dans ma cuisine, s’amuse-t-il. Un véritable atelier, ce serait parfait… »