Emilie Lebel est avocate de formation
Emilie Lebel est avocate de formation
Chaises et fauteuils chinés, hélices de congélateur au mur, large comptoir et espace de réunion… le café Perko est un modèle unique en son genre. Ouvert au début de l’été, il est né de l’imagination et des envies d’Emilie Lebel, avocate de formation.

« Quand j’étais étudiante en droit, j’ai passé beaucoup de temps à étudier dans les cafés. J’allais souvent au Starbucks pour les grandes tables, la wifi, se souvient-elle… D’autres fois c’était dans de petits cafés indépendants pour la qualité du café servi, alors j’ai voulu réunir le meilleur des deux mondes.»

Barreau 2012, elle a pratiqué chez Dunton Rainville, puis chez Slogar Juriconseils. Son domaine d’alors : le litige commercial, civil et municipal.

« Le travail d’avocat s’est avéré assez insatisfaisant pour moi, avoue Émilie Lebel. C’est un travail plutôt solitaire alors que j’aime le contact, les gens. Le seul vrai plaisir que je tirais de ma job d’avocate était de pouvoir faire le café à mes collègues avec ma machine à espresso que j’avais amenée dans mon bureau...» De son bureau au café Perko, il n’y avait qu’un pas, qu’elle a franchi avec bonheur.

Le café Perko, nom tiré à fois du Central Perk de Friends et du mot percolateur
Le café Perko, nom tiré à fois du Central Perk de Friends et du mot percolateur
À Villeray, quartier voisin de Rosemont où elle habite, elle déniche un bel espace. Les cafés y sont encore rares, des étudiants et des familles vivent dans les environs, le plancher d’origine est fait de terrazzo et l’endroit est suffisamment grand pour accueillir de grandes tables : le café Perko, nom tiré à fois du Central Perk de Friends et du mot percolateur, était né.

«Ça m’a aidé d’être avocate, reconnaît la propriétaire de 27 ans. J’ai su passer à travers les contrats, négocier… Et ça apporte une certaine crédibilité, ça en impose.» Quitter le droit n’a pas été difficile, mais partir une business a pu l’être. «Il faut mettre son orgueil de côté, ce n’est pas le même statut social...»

La Star Trek du café!

Le café d’Emilie Lebel est dans la lignée des cafés indépendants
Le café d’Emilie Lebel est dans la lignée des cafés indépendants
Le café d’Emilie Lebel est dans la lignée des cafés indépendants qui fleurissent depuis quelques années dans Montréal : du café de qualité, du fait maison, acheté local. Machine à café de compétition, une Slayer qu’elle dit être la «Star Trek des machines», café d’un torréfacteur rosemontois, pain du Pain dans les Voiles, beignes du Trou de beignes, légumes de chez Pousse l’Ananas et créations de Mlles Gâteaux.

«Quand tu tiens un café, tu vois directement l’effet de tes actions, estime-t-elle. Quand les clients sont satisfaits, ils te le disent.» Le commerce a été mis sur pied en 8 mois, le temps de tout penser, du concept au logo final, en passant par la déco et la bonne humeur des baristas.

L’espace sofa est un vrai clin d’oeil à Friends, les hélices de congélateur ont été récupérées par son père, ancien glacier, les chaises dépareillées ont été chinées et le comptoir fait sur mesure.

Au fond de la salle trône une large table propice au travail en groupe, jouxtant un espace photocopie pour les étudiants et professionnels qui mêlent breuvage et travail.
Au fond de la salle trône une large table propice au travail en groupe, jouxtant un espace photocopie pour les étudiants et professionnels qui mêlent breuvage et travail.
Au fond de la salle trône une large table propice au travail en groupe, jouxtant un espace photocopie pour les étudiants et professionnels qui mêlent breuvage et travail. Dans un coin, une salle de réunion de belle taille est réservable, avec télé et matériel HDMI. Le long de la vitre, des tables en hauteur sont un bon point d’observation sur la rue adjacente.

Les familles elles-mêmes n’ont pas été oubliées.

«On s’est vite rendu compte qu’il y avait des étudiants et des travailleurs autonomes qui se présentaient, mais aussi de jeunes parents, car le quartier est très familial et les cafés encore plutôt rares», explique Émilie Lebel.

Attentive à ses clients, la jeune femme s’est aussitôt équipée de quelques jeux pour distraire les bambins.

«Ce sont des clientèles qui ne viennent pas aux mêmes heures et, quand ça arrive, elles se côtoient facilement.»

Travailler le nez dans son café, avec un sandwich de qualité, une photocopieuse à portée de main, avec quelques voisins sympathiques et de la wifi non-stop… Et si c’était ça la clé d’une carrière épanouie?

Pour en savoir plus, consultez la page Facebook du café.