Jo-Ann Lempert, FCPA, FCA, est associée et leader des Services aux sociétés ouvertes de MNP à Montréal.
Jo-Ann Lempert, FCPA, FCA, est associée et leader des Services aux sociétés ouvertes de MNP à Montréal.
Pour Jo-Ann Lempert, on sous-estime beaucoup l’importance d’avoir de bons états financiers. « Pourtant, lors d’une transaction, de bons chiffres, basés sur des normes reconnues, établissent la juste valeur d’une entreprise », lance la jeune femme. Spécialisée dans les fusions et acquisitions dans les PME, elle insiste beaucoup sur cet aspect, qui permet de réaliser des transactions sur des bases solides.

Déplorant que souvent, on fasse appel à ses services alors que la transaction—une fusion ou une acquisition—est dans le dernier droit, elle fait valoir que l’intervention préventive d’un expert-comptable peut faire toute la différence. « C’est beaucoup moins coûteux de faire appel aux experts dès le début ; on pourra s’assurer que la transaction soit basée sur la meilleure information financière, et que cette information réponde aux besoins des investisseurs ou des régulateurs par exemple. »

Intervenir après coup, c’est prendre le risque qu’il faille passer beaucoup de temps à refaire une partie du travail pour s’assurer qu’il soit conforme en tout point.

Une relation de confiance avec les avocats

Celle qui vient tout juste d’être nommée Fellow de l’Ordre des comptables professionnels agréés passe beaucoup de temps à cultiver son réseau de contacts, lesquels lui permettent de mieux servir ses clients. Notamment avec les avocats, qui interviennent souvent dès le début d’une transaction. « Il est vital d’établir des liens solides avec des professionnels. Lorsqu’un de nos clients respectifs a besoin d’aide on peut se référer l’un l’autre en tout confiance. »

Autant les entrepreneurs qui font appel aux services de MNP ont besoin de conseils qui tiennent compte de leur besoins particuliers, autant les investisseurs potentiels ont besoin d’avoir accès à des états financiers qui leur donnent l’heure juste, permettant une décision éclairée. La comptable ne fait ainsi pas que produire des états financiers : elle guide ses clients dans les dédales fiscaux et les conseille afin qu’ils profitent d’une croissance soutenue. « Par exemple, rares sont ceux qui savent tirer parti des déductions REER ; d’autres encore ne savent pas toujours comment bien évaluer la santé financière d’une cible. »

Elle cite l’exemple d’un groupe de capital-risqueurs qu’elle conseille depuis leurs débuts il y a deux ans. En leur offrant des services de conseils stratégiques, « ils en sont maintenant à leur troisième acquisition ! » Sa pratique est multiple. Se spécialisant dans les nouvelles normes comptables d’informations financières, les IFRS, elle contribue à l’essor de cette pratique en formant ses collègues. Elle offre ainsi de la formation professionnelle tant au Québec qu’en Ontario. « J’enseigne des concepts complexes, et lorsqu’un participant à mes formations vient me voir pour me dire ‘’j’ai compris !’’, j’adore cela. »

Faire le pont entre spécifications techniques et besoins

Vulgariser des concepts ne suffit cependant pas : ses clients, des entrepreneurs, ont également besoin d’aide pour comprendre comment cela s’applique à leurs activités quotidiennes. « J’ai moi-même été entrepreneure, ayant fondé mon propre cabinet de consultation en audit financier. Je comprends donc les défis de mes clients, pour qui les coûts sont toujours un souci. Mon défi quotidien est donc de faire le pont entre les spécifications techniques et leurs besoins. »

Par exemple, les normes IFRS visent à rendre l’information financière plus précise et refléter davantage la valeur d’une entreprise. Cela implique notamment de consolider les actifs et les passifs de toutes les entités contrôlées y compris celles contrôlées de façon non traditionnelle et ainsi d’avoir une image plus fidèle de la situation financière du groupe.

Celle-ci s’expose elle aussi aux risques de son acheteur. « C’est le genre de soutien que j’adore offrir, qui fera souvent une différence dans le déploiement d’une vision stratégique pour mon client. » Et qui limite par ailleurs les risques de casse : on n’a qu’à penser au marasme causé par l’effondrement du marché des subprime, en 2008, causé notamment par l’éclatement d’actifs toxiques dont on ne savait pas qu’ils étaient présents massivement dans les actifs de grandes sociétés financières américaines. Ces dernières vendaient du papier commercial adossé à ces actifs toxiques, sans cependant avoir à en divulguer la teneur: personne ne savait donc quels titres étaient contenus dans quels produits financiers. Cet épisode a d’ailleurs précipité les changements sur les règles de dépréciation des instruments financiers.

Faire appel à son esprit critique

Offrir des services complets, proposer des solutions adéquates au moment opportun, ce sont là des habiletés que Jo-Ann Lempert a cultivé au fil des ans. En devant parfois faire face à des situations qui ont sollicité son jugement et son esprit critique. « J’ai été appelée comme témoin expert par la défense dans un dossier judiciaire. On m’avait embauchée pour valider la procédure comptable d’un client poursuivi. Mais voilà que je découvre des erreurs dans les vérifications comptables faite par mon client ! »

Le dilemme est sérieux : doit-elle révéler ses trouvailles, au risque de mécontenter son client ? Ou se récuser, et mettre ce client dans l’embarras ? Après d’intenses réflexions, elle décide de jouer le tout pour le tout et de conclure dans son rapport que certaines erreurs ont été commises par son client. Cela a été finalement bénéfique pour ce dernier. « Ce client m’a remerciée d’avoir identifié ses faiblesses dans sa gestion de ce dossier… », relate Jo-Ann Lempert...qui a depuis pris l’habitude de tourner les situations difficiles en avantage tant pour ses clients que pour elle.

Et dire qu’au départ la comptable voulait être une artiste! Écrivaine, en fait. « Mais je n’étais pas à l’aise avec l’insécurité propre à cette carrière… alors je suis devenue comptable ! » D’ailleurs, celle qui manie aujourd’hui tant les chiffres que les mots espère publier son premier roman dans cinq ans.

En attendant, entre l’enseignement d’un cours sur les normes comptables d’informations financières internationales (IFRS) à l’Ordre des comptables professionnels agréés, la rédaction d’articles sur le sujet et son rôle de chef de pratique et associée du cabinet d’experts-comptables montréalais de MNP, elle trouve quand même le temps d’écrire, à compte d’auteur, des romans de littérature jeunesse.

La suite, au prochain chapitre!

Jo-Ann Lempert, FCPA, FCA, est associée et leader des Services aux sociétés ouvertes de MNP à Montréal. Elle se spécialise dans l’application des principes comptables dans le cadre de transactions complexes assujetties aux normes comptables canadiennes pour les entreprises à capital fermé (NCECF), aux normes comptables pour les organismes sans but lucratif (NCOSBL) et aux Normes internationales d’information financière (IFRS).

Avant de se joindre au cabinet, Jo-Ann exploitait son propre cabinet spécialisé dans les services-conseils auprès de sociétés, de cabinets comptables, d’organismes sans but lucratif et d’universités relativement à l’application adéquate des PCGR du Canada, des Normes d’audit généralement reconnues du Canada (NAGR) et des IFRS.

Jo-Ann est auteure collaboratrice auprès de Comptables professionnels agréés du Canada et formatrice auprès de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec ainsi que de Chartered Professional Accountants of Ontario.

Jo-Ann est titulaire d’un baccalauréat en commerce spécialisé en comptabilité et en entrepreneuriat de l’Université McGill, diplôme qu’elle a obtenu en 1998. L’année suivante, elle a obtenu un diplôme d’études supérieures en comptabilité de l’Université Concordia. Elle possède le titre de comptable professionnelle agréée (CPA), ayant obtenu celui de comptable agréée (CA) en 2000.