Question:

Bonjour,

Je suis étudiante en 2eme année et je désire me spécialiser en droit familial. Je prévois faire la course aux stages en janvier mais peu de cabinets semblent offrir des opportunités dans ce secteur. Je me demande si mon choix est le bon et s’il y a des débouchés. Merci.

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Réponse:

Chère lectrice,

Une pratique en familial est-elle le bon choix pour vous ? Impossible d’y répondre sans en savoir plus sur votre personnalité et vos aspirations. Pour évoluer dans l’environnement des séparations et des droits de garde, des chicanes de couples et des émotions qui en découlent, il faut, je crois, avoir une empathie naturelle doublée d’une bonne carapace. Si la carapace peut se développer au fil des années, l’empathie doit être là dès le départ.

À ce sujet, je vous invite à contacter certains avocats qui pratiquent dans ce domaine afin qu’ils puissent vous partager une partie de leur réalité. Cette démarche vous permettra sans aucun doute d’y voir plus clair.

Si l’on met de côté vos caractéristiques personnelles et votre propension au bonheur dans cet environnement afin de nous concentrer sur les opportunités d’emploi, mon premier conseil serait de ne pas vous fier à la course aux stages pour vous faire une idée desdites opportunités.

En effet, les employeurs participant à la course sont principalement des grands cabinets ou des entreprises ayant une orientation commerciale. Il va sans dire que les entreprises n’engagent pas de juristes en droit familial. Pour ce qui est des grands cabinets, ils sont très peu présents dans cette spécialité. Il y a bien quelques cabinets qui offrent ces services dont notamment Robinson Sheppard Shapiro (RSS), où j’ai moi-même pratiqué, mais ça demeure une minorité. La majorité des juristes en droit familial pratique au sein de petits cabinets, lesquels ne participent pas à la course aux stages.

Est-ce que cette réalité fait en sorte que ça n'est pas un bon choix pour votre pratique ? Pas le moins du monde. Il y a au maximum 10% des étudiants en droit qui trouvent leur stage durant la course aux stages. La majorité se verra offrir des opportunités lors de la 3eme année ou même durant leurs études à l’école du Barreau.

Devriez-vous renoncer à la course ? Non, mais concentrez-vous sur les cabinets ayant des avocats en familial en spécifiant votre intérêt marqué pour cette pratique. Vous enverrez peu d’applications mais vos chances de succès seront quand même bonnes considérant que peu de vos confrères de classe feront la même démarche.

Quelles seront les opportunités après votre stage ? Si vous visez faire partie du jet set juridique montréalais, oubliez ça. Les avocats pratiquant en droit familial sont rarement auréolés de gloire au sein de la communauté juridique. Par contre, il y a de nombreuses opportunités et aussi la possibilité de développer assez rapidement sa propre clientèle.

Les clients sont majoritairement monsieur et madame tout le monde, ils ne recherchent pas nécessairement (et n’ont pas les moyens de s’offrir) la star du droit familial. Par conséquent, ils peuvent ou doivent se tourner vers des avocats plus juniors, ce qui représente de belles opportunités pour ceux en début de pratique. Reste ensuite à bien les servir et le bouche à oreille pourra faire son travail.

Si l’on s’attarde à la rémunération des juristes en familial, il faut comprendre que les taux horaires, et donc les revenus des avocats, sont tributaires du domaine de pratique et surtout du type de clientèle. Bien peu d’individus peuvent se permettre un avocat à plus de 250$ de l’heure, ce qui pourrait être un taux raisonnable en droit des affaires.

Si vous vous adressez à des individus à titre personnel, votre facture sera payable en dollars après impôts contrairement à une entreprise. Une facture de 3,000$ est une peccadille pour bien des entreprises…. Pensez à votre réaction si vous recevez personnellement une telle facture. Peu importe votre revenu annuel, ça représente un bon montant d’argent. Il faut donc être conscient qu’il ne s’agit pas du domaine le plus lucratif, par contre il y a moyen d’y faire une belle carrière et de bien gagner sa vie.

Voilà qui résume très sommairement les opportunités d’une éventuelle pratique en droit familial mais je réitère le fait que votre prochaine démarche devrait être une discussion avec un ou plusieurs juristes évoluant dans ce secteur.

J’espère que ma réponse vous sera utile et je vous souhaite une belle semaine.


La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.