Raoul Heredia est associé et conseiller financier au sein du service Restructuration de MNP à Montréal
Raoul Heredia est associé et conseiller financier au sein du service Restructuration de MNP à Montréal
Le nombre de réorganisations a augmenté considérablement au Canada au cours de la dernière décennie. Il y a eu plusieurs transactions très médiatisées qui ont sensibilisé le grand public aux sigles et expressions tels que la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), l’avis d’intention, la proposition, ou la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI). Cependant, le rôle du chef de la restructuration demeure mal connu.

Caractérisée par la baisse rapide des liquidités provenant de l’exploitation de l’entreprise, une atmosphère chaotique, et un changement rapide de priorités, la période initiale d’une réorganisation est facilement vouée à l’échec. Trop souvent, les efforts de la direction gravitent autour du bilan qu'on essaie de renflouer alors que les questions structurelles et opérationnelles sont mises de côté.

Le meilleur ami de la compagnie en temps de crise

L’un des outils les plus puissants à la disposition d’une compagnie en difficulté financière est un professionnel expérimenté qui travaille avec la direction et la conseille que ce soit ou non sous l’égide protectrice de la loi ou sous une entente de tolérance avec l’Institution financière impliquée.

Traditionnellement, les compagnies canadiennes font appel à des cabinets de professionnels de la restructuration qui travaillent de concert avec les membres de la direction existante. Cependant, en raison des lacunes de la direction ou des limites du rôle et responsabilités associées au professionnel de la réorganisation, les résultats sont souvent peu convaincants notamment sur le plan de la mise en œuvre opérationnelle.

Souvent exigé aux États-Unis (Chapitre 11), le chef de la restructuration peut avoir, au Canada, un bagage d’expériences financier/juridique ou encore opérationnel. Une combinaison des deux est préférable, étant donné qu'on a affaire, à une entreprise qu’il faut gérer. L’expérience du secteur est également pertinente. Il doit prendre des décisions rapidement, souvent en l’absence d’une analyse détaillée, établir des plans à court terme pour obtenir l’appui des prêteurs, puis mettre au point une stratégie à moyen terme qui saura sauver la compagnie.

Son point fort est d’analyser rapidement les problèmes et si possible, de rétablir la rentabilité de l’entreprise rapidement ce qui lui permettra de survivre. Il a aussi pour rôle de renforcer l'organisation en favorisant la recherche de talents pour le long terme. A ce titre, il est le meilleur ami de la compagnie en temps de crise.

Le chef d’orchestre du processus de restructuration

Pour être efficace, le chef de la restructuration doit travailler en étroite collaboration avec toutes les parties impliquées dans la restructuration y compris le responsable désigné par le tribunal (qu’il s’agisse d’un moniteur, d’un syndic ou d’un séquestre intérimaire). Il doit être bien conscient de son rôle, de ses obligations et responsabilités. Il apporte la crédibilité, du point de vue de la compagnie, en veillant à l’intégrité de l’information et en apportant les habiletés de gestion nécessaires pour mettre en œuvre le plan de redressement.

A ce titre, il est le mieux placé pour comprendre les enjeux de la compagnie et est potentiellement un allié pour chaque partie. Il apporte une présence au conseil d’administration veillant à tenir les membres du conseil au courant de ce qui se passe et leur demandant d’approuver les mesures nécessaires, le cas échéant.

Le moniteur, pour sa part, apporte une aide précieuse dans l'élaboration du plan d’arrangement, appuie les membres de la direction tout au long du processus et négocie les diverses ententes avec les créanciers, avec le soutien du chef de la restructuration. Ce dernier est le meilleur ami du syndic. Les deux rôles sont complémentaires et permettent de valoriser au maximum l’actif net de la compagnie au profit de toutes les parties.

Raoul Heredia, CPA, CA, CISA, est associé et conseiller financier au sein du service Restructuration de MNP à Montréal. Depuis plus de 30 ans, il aide les propriétaires-exploitants et les équipes de direction des sociétés ouvertes et des entreprises à capital fermé de taille moyenne à surmonter les difficultés que posent les problèmes d’ordre financier ou opérationnel. Il comprend bien les enjeux auxquels sont confrontés les entrepreneurs et les gestionnaires et élabore pour eux des stratégies qui les aident à rétablir rapidement la situation.

M. Heredia développe et met en œuvre des plans de redressement efficaces et peut compter sur une vaste connaissance acquise en tant que chef des finances ou chef de la direction pour des entreprises à capital fermé et des sociétés ouvertes, ainsi que sur son expérience à titre de conseiller en restructuration et associé au sein d’un groupe spécialisé en capital d’investissement privé. Dans son rôle de conseiller, il propose des idées et des solutions judicieuses et pratiques aux sociétés qui envisagent une restructuration, une fusion, une acquisition ou une cession.

M. Heredia est considéré comme une référence dans le domaine des prêts adossés à des actifs, ayant réalisé plusieurs opérations de ce type pour des clients. De plus, il bénéficie d’un important réseau de fournisseurs de services financiers qui peuvent fournir des fonds pour financer le fonds de roulement, des créances de rang inférieur ou des capitaux pour aider au redressement.

M. Heredia détient le titre de comptable professionnel agréé (CPA), ayant obtenu à l’origine le titre de CA en 1979. Il est titulaire d’un baccalauréat en commerce de l’Université Concordia et d’un diplôme en comptabilité publique de l’Université McGill. Il a reçu le titre d’auditeur informatique agréé (auditeur CISA) en 1983. Raoul est membre, ancien président et administrateur de la section de Montréal de la Turnaround Management Association, et ancien membre de l’Institut d’insolvabilité du Canada. Il a publié de nombreux articles sur le financement, la restructuration, la création de valeur après restructuration, le rôle du chef de la direction, du chef des finances et du chef de la gestion des risques ainsi que les avantages du financement par prêts adossés à des actifs.