Me Joey Zukran, fondateur de LPC Avocats et de Ticket Légal
Me Joey Zukran, fondateur de LPC Avocats et de Ticket Légal
Pour Me Joey Zukran, fondateur de LPC Avocats et de Ticket Légal, il n’est pas question de facturer au taux horaire. « Lorsque j’étais chez De Grandpré Chait, c’était la norme, explique-t-il. Mais quand nos clients ne sont pas des sociétés, ils ont souvent plus de mal à payer », explique-t-il.

« Prenez le cas suivant, qui m’est arrivé. Une cliente cherchait à se faire rembourser un manteau défectueux qu’elle avait payé 400 $. Mais les frais d’avocats montent tellement vite qu’elle n’ira jamais en voir un; c’est souvent le cas en matière de protection du consommateur! »

Pour Me Zukran, qui se spécialise en matière d’actions collectives, l’idéal est de fonctionner avec une rémunération au pourcentage. Mais il reste du chemin à faire avant que cette façon de voir les choses soit la norme, concède-t-il. Conclusion : la fin de la tarification horaire, ce n’est pas pour aujourd’hui…

Même son de cloche pour Me Teodora Niculae, d’Audax Avocats. En effet, le cabinet Audax a fait des modes alternatifs de facturation, sa marque de commerce. Avec sa collègue Me Anne-Edma Louis, Me Niculae a d’ailleurs gagné une bourse de démarrage du Barreau du Québec en novembre dernier.

Me Teodora Niculae, d'Audax Avocats
Me Teodora Niculae, d'Audax Avocats
« La manière de procéder que je préfère est par forfait, explique Me Niculae. Ainsi, chaque appel, chaque courriel, n’est pas du temps facturable pour un client et celui-ci ne sera pas réticent à me contacter. »

En droit des affaires, c’est souvent plus simple de procéder de cette manière, concède-t-elle. Elle peut même offrir un service de paiement mensuel, comme un abonnement, qui permet un certain nombre de consultations, pour ses clients du monde des affaires.

« Contrairement à ce que beaucoup pensent, c’est très possible de rédiger une belle convention d’honoraires qui respecte tout à fait le Code de déontologie », indique-t-elle. Cependant, pour le glas de la facturation à l’heure, on en est encore loin, croit-elle elle aussi.

Les tenants des heures facturables

Me Luc Thibaudeau, associé chez Lavery
Me Luc Thibaudeau, associé chez Lavery
Cependant, d’autres – la plupart des grands cabinets notamment – estiment que la facturation horaire est et sera toujours nécessaire. « Le problème, ce n’est pas la mode de facturation, mais le prix, déclare Me Luc Thibaudeau, associé chez Lavery. Certains préfèrent la tarification horaire, d’autres un budget, il faut savoir s’adapter au client », résume-t-il.

Le plus important, croit Me Thibaudeau, c’est de pouvoir accompagner le client dans tout le processus de coûts. Celui-ci est-il prêt à payer un surplus? Combien d’heures supplémentaires est-il prêt à assumer?

Au final, le travail de l’avocat est de s’ajuster. Le but est d’obtenir le même « merci » avant qu’après la facture!, résume Me Thibaudeau.

Et vous, qu’en pensez-vous?