Me Sylvain Lussier
Me Sylvain Lussier
Le journaliste Richard Martineau poursuit pour 350 000$ le média Ricochet ainsi que le chroniqueur Marc-André Cyr et le caricaturiste Alexandre Fatta, pour un article publié en février 2016.

La poursuite a été déposée le 11 novembre 2016. Ricochet a alors décidé de lancer une campagne de financement pour amasser 50 000 $ afin de couvrir les frais juridiques liés à la poursuite. C’est Me Sylvain Lussier, du cabinet Osler, qui prend le relais de Me Patrice Blais, assigné initialement au dossier.

« Être petit ne vous donne pas le droit de dire n’importe quoi »

Me François Fontaine du cabinet Norton Rose et avocat de Richard Martineau
Me François Fontaine du cabinet Norton Rose et avocat de Richard Martineau
Ce n’est pas la première fois que Me Lussier se saisit d’un dossier de diffamation. « Ils se sont tous réglés hors cours », a dit l’avocat qui a déjà défendu le quotidien La Presse.

Spécialisé en litige, membre du barreau depuis 1978, l’avocat se dit « confiant », même s’il avoue que ce combat s’annonce un peu comme celui de David contre Goliath. « Ce n’est pas un dossier comme un autre, car un principe fondamental est en jeu, celui de la liberté d’expression. »

Me François Fontaine, du cabinet Norton Rose et avocat de Richard Martineau, rappelle que « tout le monde est égal devant la justice ». Il ajoute avec un brin de colère: « Est-ce que je ne devrais pas poursuivre les auteurs parce qu’ils sont petits? Être petit ne vous donne pas le droit de dire n’importe quoi ».

Me Karim Renno
Me Karim Renno
Il se dit un « farouche partisan » de la liberté de la presse mais «aucune n’est absolue ». L’avocat déplore que dans ce cas précis, on se soit attaqué au messager plutôt qu’au message : « On peut ne pas être d’accord avec M. Martineau, on peut ne pas l’aimer, mais de là à mettre en scène sa mort et demander aux gens de faire pisser leurs chiens sur sa tombe, on va trop loin », dit-il, en parlant « d’attaque gratuite » et « d’incitation à la haine ».

La demande introductive d’instance évoque le « stress » et les « inconvénients » causés par cet article à M. Martineau, qui craindrait « pour sa sécurité ».

Me Karim Renno, avocat qui lui aussi a plaidé beaucoup de causes en diffamation doute de son côté que « cet article ait fait changer d’avis les gens sur M. Martineau » et il croit plus dans les chances de Ricochet : « Les tribunaux ont souvent rappelé que ce n’est pas à eux de juger du bon ou du mauvais goût d’une satire. Cet article n’était pas écrit pour informer, c’est un travail humoristique », a-t-il dit.