Amir Tajkarimi, Jean-Olivier Bouchard et Michel Jamati de Lexop
Amir Tajkarimi, Jean-Olivier Bouchard et Michel Jamati de Lexop
L’entreprise Lexop offre un service de transfert de documents légaux, qui répond aux impératifs de la notification prévus par la loi. Partant, ce système, en ligne depuis maintenant un an, offre une alternative au télécopieur (fax), au courrier recommandé et mêmes à certains services de huissiers.

En effet, le Nouveau Code de procédure civile (N.C.P.C.) exige que la notification contienne un bordereau, le nom et la nature du document, le nombre de pages, l’adresse des destinataires, etc. Du moment que ces conditions sont respectées, le mode de notification n’a pas d’importance. C’est pourquoi les fondateurs de Lexop ont sauté sur l’occasion!

Les « trois mousquetaires »

Ils sont trois dans cette aventure : Me Amir Tajkarimi est lui-même avocat, anciennement chez Heenan Blaikie et aux affaires juridiques de la Banque Nationale. Il se charge des matières juridiques de Lexop, comme la rédaction de contrats, et de par son bagage, a une relation privilégiée avec sa clientèle.

Jean-Olivier Bouchard est directeur des services numériques. Défini comme les « yeux » de Lexop, il s’est vu attribuer ce poste de par sa formation en administration des affaires et en marketing.

Enfin, Michel Jamati, ingénieur informatique et « magicien » du Web, a rejoint Lexop en décembre 2015, avec pour mandat de mettre sur pied la plate-forme.

Droit-inc a rencontré les trois associés dans leurs nouveaux bureaux, situés au cœur du Mile-Ex, à Montréal.

« Le "rêve" a débuté il y a cinq ans, alors que je travaillais à la Banque Nationale, révèle Me Tajkarimi. Jean-Olivier et moi nous étions rencontrés dans un café pour discuter de cette idée. » Au départ, l’objectif était de mettre en place un logiciel pour permettre aux avocats de faire des échéanciers. « Je me souviens, on se promenait avec nos maquettes imprimées chez Bureau en Gros! » se remémore M. Bouchard.

Mais après trois versions différentes, même avec un produit sur le marché, il était difficile de rejoindre les avocats. « Bien sûr, le logiciel était utile. Mais le milieu des avocats est assez conservateur. Pour qu’une telle plate-forme fonctionne, elle se devait d’être non seulement utile, mais indispensable! » dit Jean-Olivier Bouchard.

Le projet a progressivement évolué jusqu’à bifurquer vers la communication de documents. « En septembre 2015, c’était le point de non-retour, explique Me Tajkarimi. On en était à se demander si on laissait tout tomber ou si on plongeait. Et c’est ce qu’on a fait : Jean-Olivier et moi avons laissé tomber nos emplois pour se consacrer à 100% à Lexop! »

Besoin d’un programmeur!

En décembre, il a fallu faire appel à Michel Jamati pour qu’il mette sur pied la nouvelle plate-forme.
En décembre, il a fallu faire appel à Michel Jamati pour qu’il mette sur pied la nouvelle plate-forme.
En décembre, il a fallu faire appel à Michel Jamati pour qu’il mette sur pied la nouvelle plate-forme. « C’était serré. Comme ils voulaient prendre la balle au bond du N.C.P.C., qui entrait en vigueur le 1er janvier 2016, ils m’ont donné un mois pour faire tout le travail! » dit-il en riant.

Depuis, Lexop a fait du chemin : à l’été 2016, un premier litige à la Régie du logement impliquait un avis émis grâce au logiciel. Me Tajkarimi avait dû venir témoigner personnellement à propos de son produit. Par la suite, des dizaines d’avis semblables ont été envoyés grâce à Lexop, qui fait maintenant autorité devant la Régie.

Alternative indispensable

Aujourd’hui, pour beaucoup, Lexop est devenu un outil dont on ne peut se passer. Auparavant, les locataires en défaut de paiement évitaient de répondre à leur propriétaire lorsque celui-ci se présentait. Ce dernier avait donc deux options : devoir démontrer par témoignage que l’avis de défaut avait été présenté…ou faire appel à un huissier pour le faire.

Avec Lexop, explique Me Tajkarimi, le simple envoi du courriel certifié suffit : il n’est pas nécessaire que le locataire ait répondu ou même qu’il ait ouvert le courriel. Et il n’en coûte que 6 $ par destinataire.

Comment ça fonctionne?

On se connecte et on accède à son tableau de bord, explique M. Bouchard. À partir de là, on peut envoyer son courrier avec les documents qu’on désire y joindre. On peut aussi ajouter un cryptage additionnel, avec une clé de sécurité, pour les envois les plus confidentiels.

Par la suite, on peut voir qui a reçu le courriel, qui l’a ouvert et qui y a répondu. Aux fins de la notification, la seule preuve de réception suffit cependant.

Donc, le consentement de l’autre avocat, qui doit recevoir le courriel, n’est pas requis. C’est ce qui fait la force de Lexop, explique Me Tajkarimi : l’autre avocat (ou destinataire) reçoit les documents par courriel certifié avec mention que ce courriel vaut notification.

Confiants dans l’avenir

Lexop est confiant pour l'avenir!
Lexop est confiant pour l'avenir!
Si ça n’a pas toujours été facile au départ, il reste encore des défis pour les trois entrepreneurs. Notamment, faire affaires au Québec implique un bilinguisme parfait. À chaque nouvelle fonctionnalité, à chaque publication sur les réseaux sociaux, il faut donc faire un travail de traduction, explique M. Bouchard.

Malgré tout, on est confiant pour l’avenir : un stagiaire en informatique arrive bientôt dans l’entreprise. Et dans un an, Me Tajkarimi est confiant de pouvoir être présent dans tout le Canada. « Le système est déjà bilingue, et il est conforme aux règles de procédure partout à travers le pays », dit-il. Une grande partie du travail est donc déjà faite.

Par ailleurs, Lexop lancera dans les prochains jours son nouveau produit, « Pronotif », la division de l’entreprise dédiée au secteur immobilier.

Pour l’instant cependant, les fondateurs ont quelque chose à fêter. En effet, en pleine entrevue avec Droit-inc, l’évidence les a frappés : cela fait un an que la plate-forme, telle qu’on la connaît aujourd’hui, a été lancée! Où est donc la bouteille de champagne prévue pour l’occasion?