Les conseillers juridiques sont-ils rentables?
Les conseillers juridiques sont-ils rentables?
On les critique souvent, arguant qu'ils rapportent peu. Ce à quoi les conseillers juridiques d'entreprise font valoir qu'ils coûtent, dans les faits, moins cher que la sous-traitance.

Mais ce n'est pas le meilleur avantage concurrentiel à promouvoir, affirme le spécialiste de la gestion des services juridiques, le consultant montréalais Richard Stock. « Il faut plutôt miser sur la valeur ajoutée que le service juridique peut apporter à l'entreprise », insiste Stock, de passage à l'antenne québécoise de l'Association du barreau canadien, à la fin de février.

S'il est vrai que le travail fait en amont par les conseillers juridiques réduit le potentiel de litige ou de contestation de contrats, ils auront davantage d'impact s'ils misent davantage sur le développement de l'entreprise.

Un plan de match

« Et pour y arriver, il faut absolument se doter d'un plan stratégique qui ciblera des grands objectifs », insiste Richard Stock. Selon lui, les trois quarts des services juridiques auprès desquels il intervient n'ont pas de plan d'action.

C'est pourtant la meilleure façon de préciser et de mesurer l'impact que peuvent avoir les services juridiques auprès de leur entreprise, ajoute celui qui intervient souvent auprès des affaires juridiques de grandes entreprises telles Westjet, Banque Nationale, Potash Corp, et autres Pétro-Canada.

Un tel plan doit miser sur la valeur ajoutée offerte par les services juridiques, l'innovation dans les processus, et la réduction de la dépendance du client envers les conseillers juridiques.

Les patrons, cependant, insistent de plus en plus pour que les conseillers d'entreprises collaborent davantage à la vision stratégique, proposent des solutions aux problèmes, et qu'ils s'impliquent dans l'entreprise.

Pour avoir du temps à consacrer à ces activités, il est donc important d'améliorer la prestation de services et de réduire le temps passé à gérer tous les petits problèmes.

Répondre aux questions juridiques

« La première étape est de faire la gestion de la demande de services juridiques », poursuit Richard Stock.

Tout d'abord, la mesure précise de l'utilisation des services est cruciale: en identifiant les utilisateurs et leurs besoins, les CJE peuvent offrir des formations sur les questions juridiques les plus courantes afin de rendre les autres unités d'affaires plus autonomes.

Les services commerciaux auront besoin de détails sur la négociation d'ententes de distribution, les ressources humaines de précisions quant aux particularités du Code du travail, tandis que les services de R&D se questionneront sur la propriété intellectuelle.

« Si on arrive à réduire le volume de ces demandes de toutes sortes, on dégage davantage de temps pour travailler sur des dossiers plus importants. En fait, en faisant une bonne gestion de la demande, on peut dégager jusqu'à 20 % de son horaire », soutient Richard Stock.

Cette gestion se fait notamment en établissant des protocoles d'accès aux services juridiques : qui peut faire appel aux avocats internes, et à quelles conditions?
Cela permet d'élaguer les multiples demandes d'informations qui peuvent facilement être évitées.

« L'idée derrière tout cela, estime Richard Stock, est de dégager davantage de temps pour s'attaquer aux gros dossiers qui ont une meilleure valeur ajoutée pour l'entreprise. »