Me Jean H. Gagnon a plus de 40 années d’expérience à titre d’avocat de négociateur, de médiateur et d’arbitre
Me Jean H. Gagnon a plus de 40 années d’expérience à titre d’avocat de négociateur, de médiateur et d’arbitre
L’une des questions que l’on me pose souvent, avant une séance de médiation, est celle de savoir si le client doit obligatoirement parler en premier lieu, avant son avocat (e), au début de la médiation.

Qu’en pensez-vous?

Afin qu’une médiation puisse permettre aux parties d’en arriver à une entente qui réponde vraiment à leurs besoins et à leurs intérêts, il est important que les parties puissent s’y exprimer ouvertement, et non seulement par l’intermédiaire de leurs avocat(e)s.

Pour cette raison, la plupart des médiateurs préfèrent que les parties fassent elles-mêmes leurs présentations initiales au début d’une séance de médiation.

Il ne s’agit cependant pas là d’une obligation ni d’une règle absolue. D’ailleurs, il n’y a que très peu de « règles absolues » (sauf au chapitre de l’impartialité et de la déontologie du médiateur) en médiation.

Pour diverses raisons, certaines personnes ont de la difficulté à bien s’exprimer en contexte difficile, d’autres ressentent trop d’émotions pour ce faire et, enfin, d’autres préfèrent vraiment que l’avocat(e) en qui elles, ou ils, ont placé leur confiance s’expriment en leur nom.
Dans ces situations, il pourrait être contre-productif d’obliger ces personnes à faire elles-mêmes la présentation initiale de leur point de vue face à un différend.

Je préfère donc alors laisser l’avocat(e) faire la présentation initiale quoique, tout au long de la médiation, je tenterai, notamment par des questions appropriées, d’amener les parties elles-mêmes à s’exprimer et à communiquer entre elles afin de leur permettre de rétablir une communication propice à l’atteinte d’un règlement qui leur convienne vraiment.

Voici deux exemples de ce qui peut alors se produire :

Lors d’une récente médiation, deux associés ne voulaient pas parler en présence l’un de l’autre. Après quelques étapes franchies avec l’aide précieuse de leurs avocats respectifs, l’un des associés a exprimé le souhait de parler seul à seul (sans la présence des avocats) avec son co-associé. Après quelques minutes de réflexion, ce dernier a accepté à la condition que j’assiste à cet échange.

Je ne dirai certainement rien de ce qui s’est dit pendant cette discussion, mais, à la grande surprise des avocats, ils en sont venus, en moins de 30 minutes, à une entente acceptable dont il ne restait que quelques points juridiques et fiscaux à valider et à compléter une fois les avocats revenus dans la salle.
À l’autre extrême, en plus de 30 ans de médiation, il ne m’est arrivé qu’une seule fois où l’une des parties a refusé de parler en présence de l’autre partie jusqu’à la toute fin de la médiation (laissant à son avocat le soin de parler et de négocier en son nom tout au long de la médiation).

Or, malgré le défi additionnel que soulevait ce refus absolu, et maintenu jusqu’à la toute fin de la médiation, de parler en présence de l’autre partie, cette médiation s’est quand même terminée par une entente et par une poignée de mains.

Il m’est arrivé relativement souvent que l’une des parties refuse de parler elle-même en présence de l’autre au début d’une médiation. Mais sauf dans le seul cas mentionné au paragraphe précédent, ce refus finit toujours par s’estomper au fur et à mesure où cette partie réalise l’aspect sécurisant de la communication guidée par le médiateur. Il prend alors espoir en la possibilité que cette communication permette d’en arriver à une solution intéressante au différend.

Votre client doit-il obligatoirement parler en premier lors d’une médiation?

Non, mais, à moins qu’une raison sérieuse ne rende cela difficile, c’est de beaucoup préférable!

Je vous invite à me contacter (par courrier électronique à jhgagnon à jeanhgagnon.com ou par téléphone au 514.931.2602) pour toute question ou tout commentaire.

Jean