Antoine Aylwin voulait devenir avocat pour changer le monde.
Antoine Aylwin voulait devenir avocat pour changer le monde.
Antoine Aylwin voulait devenir avocat pour changer le monde. « Je crois au rôle social des avocats, qu'on a l'obligation de contribuer à la société. Tout changement législatif est basé sur un raisonnement juridique. À cet égard, le Barreau est un acteur de poids dans la société », affirme l'associé de Fasken Martineau, pour justifier son implication dans l'ordre professionnel.

Et pour expliquer pourquoi il décide de remettre ça et de briguer un second mandat. Élu administrateur pour Montréal sur le premier conseil d’administration de la nouvelle gouvernance, Me Aylwin estime que le Barreau est maintenant outillé pour affronter les grands enjeux professionnels. « Parce que le rôle du Barreau, c'est cela », fait-il valoir, alors que le CA s'apprête à conclure les travaux sur cinq mémoires relativement à des projets de loi.

Mais les deux dernières années ont été surtout occupées par la mise en place de la nouvelle gouvernance. « On a beaucoup travaillé sur l'organisation, on a placé beaucoup de choses. » Maintenant que le travail de fond est fait, Antoine Aylwin estime que le Barreau peut consacrer davantage de temps aux grands dossiers.

Lobby c. protection du public

Il existe une dichotomie quant au rôle du Barreau. S'agit-il d'un ordre une d'une association professionnelle? Les membres exigent des services, et le Barreau doit agir en fonction de ses attentes. « Mais la protection du public doit toujours être centrale à notre action », dit-il.
l cite l'exemple des représentations du Barreau quant aux tarifs de l'aide juridique. « Il faut ainsi s'assurer qu’ils permettent au public d'avoir accès à des avocats », dit Me Aylwin. Mais il faut en même tenir compte des besoins des avocats, et faire en sorte qu'ils soient rémunérés à leur juste valeur.

Parallèlement, plusieurs organisations, militent pour le compte des avocats. Les jeunes barreaux font aussi fort bien leur travail, constate Me Aylwin, tout comme plusieurs associations sectorielles. « Il reste cependant que la profession est mûre pour une association plus globale, pour justement arrêter d'avoir cette confusion des genres. »

Améliorer la pratique

« C'est décourageant de voir comment on travaille encore devant les tribunaux. On manque de ressource, on perd du temps, on n'a même pas de données pour mesurer la performance du système! Comment peut-on s'améliorer si on n'est pas capable de se mesurer », déplore l’avocat. C'est là un enjeu qu'il faut aborder, croit-il.

Afin d’améliorer l’accessibilité à la justice, Antoine Aylwin estime que l'idée d'offrir des services à la carte pourrait avoir du mérite. « Il y a certainement des occasions de développement d'affaires dans l'idée d'offrir des services même qu'on on n'a pas de dossier », plaide-t-il.

À part les petites créances, il y peu d'offres à cet égard. « Il faut donc chercher des façons d'innover dans l'offre », croit-il encore.

« Les juristes ont été dynamiques pour soutenir le développement des entreprises en démarrage. Il faut avoir le même dynamisme dans d'autres secteurs. Il peut y avoir des opportunités d'affaires. Et de protection du public : les gens qui ne peuvent se payer des avocats, c'est un défi d'accès à la justice. »

Il faut que le Barreau fasse en sorte que la profession soit pertinente, soutient Me Aylwin.

Des outils

C'est pourquoi Antoine Aylwin dit favoriser l'élargissement du cursus à l'École du Barreau, afin d'offrir un développement professionnel qui outille mieux les avocats. « On veut développer une formation mieux adaptée aux avocats en début de carrière: comment faire un plan d'affaires, comprendre un budget d'opération, calculer la marge bénéficiaire, etc. »
De là, il juge que le développement d'une offre de services sera d'autant plus efficace... et qu'elle pourrait bien combler des lacunes dans l'offre.

Transparence

Aux premières loges des écueils au travers desquels le Barreau a navigué ces dernières années, il concède que la transparence doit être mise de l'avant.

« Je crois beaucoup que notre reddition de compte doit être faite à la fois aux membres, et au public. C'est un peu anormal qu'on fasse notre reddition de compte seulement en assemblée générale, mais pas au public. J'ai toujours été partisan de la reddition de compte. »

Il signale ainsi que la prochaine AG sera ouverte au grand public.

Barreau 2003, Antoine Aylwin pratique en litige administratif, civil et commercial. Il a présidé l'Association du Jeune Barreau de Montréal (2009-2010), en plus de siéger à plusieurs comités du Barreau de Montréal et du Barreau du Québec, incluant le comité exécutif de chacune de ces organisations (2010-2011). Il est actuellement vice-président du Barreau du Québec.