Florence Gill-Joyal, diplômée en droit de l’Université de Montréal en 2015
Florence Gill-Joyal, diplômée en droit de l’Université de Montréal en 2015
Dans le cadre d’une série sur les études supérieures en droit, Droit-inc interroge des étudiants qui ont fait ce choix après l’École du Barreau. Aujourd’hui, on nous entretient de la maîtrise en droit des technologies de l’information…

Entrevue avec Mme Florence Gill-Joyal, diplômée en droit de l’Université de Montréal en 2015
Programme : Maîtrise en droit des technologies de l’information
Où : Université de Montréal
Durée à temps plein : 4 mois pour le microprogramme (15 crédits) et 2 ans pour la maîtrise (45 crédits)

Faites-vous ces études avant ou après votre assermentation?

Je n’ai pas encore fait la formation professionnelle de l’École du Barreau. Mon but est de compléter mes cours avant de m’y inscrire; puis je ferais idéalement mon stage immédiatement après et je plancherai sur mon mémoire de maîtrise pour terminer.

Pourquoi avoir choisi de poursuivre après le premier cycle?

J’ai toujours aimé l’école! C’est un prérequis, bien sûr; mais en finissant mon baccalauréat, j’avais 21 ans et je me trouvais jeune pour me diriger immédiatement vers l’École du Barreau et le marché du travail. Je l’ai d’ailleurs constaté en passant quelques entrevues : sans dire que j’étais trop jeune, il est clair que les autres candidats avaient généralement une expérience de plus qui était la bienvenue.

Pourquoi avoir choisi ce programme particulier?

J’ai toujours été attirée par les télécommunications, les technologies de l’information, et tout ce qui entoure les médias sociaux. Ce domaine de droit est par ailleurs extrêmement vaste et très d’actualité. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à regarder des événements qui se sont produits récemment dans cette matière : par exemple, la divulgation de noms d’utilisateurs du site extraconjugal Ashley Madison continuera de créer des remous. Poursuivre des études dans ce domaine est donc à mon avis un bon bagage pour ajuster sa pratique à la réalité d’aujourd’hui.

En quoi consistent les cours que vous suivez?

D’abord, il faut savoir que l’ambiance des cours est plutôt intime, car très peu de gens suivent ce programme. Certaines séances, on n’est que six dans la classe! Quant à la matière, il s’agit le plus souvent d’un échange d’idées avec les professeurs. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs des sommités dans le domaine : je pense notamment à Me Éloïse Gratton (NDLR : associée chez BLG). Les cours traitent notamment de super-sécurité, de gestion du risque, des politiques de confidentialité dans les entreprises, de la protection des données personnelles, de la liberté d’expression et de la vie privée. On voit aussi, inévitablement, des notions de droit international privé. Cependant, comme c’est une matière en pleine expansion, il y a moins de vérités absolues. À cet égard, on note souvent que la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information n’est pas très claire!

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans ce domaine?

Comme je le disais, ce domaine est très nouveau. Ce faisant, on est un peu dans le flou…Il y a très peu de sources canadiennes sur les sujets que l’on voit. La plupart des sources sont américaines ou, dans quelques cas, européennes. On note d’ailleurs une nette différence entre les deux juridictions : les pays d’Europe sont davantage axés sur la protection de la vie privée, alors qu’aux États-Unis, on pourrait dire c’est la liberté d’expression qui a la place la plus importante. Il est donc courant de faire du droit comparé entre les deux.

Qu’est-ce que vous visez au terme de ces études?

Mon objectif est de travailler comme avocate dans un cabinet en propriété intellectuelle. Je m’intéresse particulièrement aux droits fondamentaux et à la protection des données. Parallèlement, je serais aussi hautement intéressée de pouvoir dispenser des conférences, de participer à des ateliers de discussion, etc.

Suggérez-vous ce domaine d’études supérieures?

Bien sûr. J’ajouterais que c’est le bon moment pour entamer de telles études. Il y a encore très peu de juristes spécialisés dans ce domaine et ce faisant, les entreprises ne savent pas toujours comment gérer leurs problèmes concernant les technologies de l’information. Ça vaut donc la peine de se lancer!