Louis Rochette
Louis Rochette
Lorsqu’un proche ou un collègue s’enlève la vie, beaucoup de questions se posent. Françoise Roy est consultante en prévention du suicide depuis 32 ans notamment auprès de l’Association québécoise de prévention du suicide.

Elle explique: «il faut observer les changements de comportements... quelqu’un de très social qui s’isole de plus en plus, quelqu’un qui dormait beaucoup ou qui dort moins, ce genre de choses».

Me Daniel Bouchard
Me Daniel Bouchard
Me Daniel Bouchard, associé directeur du bureau Lavery avocats de Québec, est encore sous le choc: « je n’ai pas été confronté très souvent au suicide. Mais tu entends toujours qu’il y a eu des appels à l’aide. Mais là, pour Louis, je vous le dis : rien », a-t-il dit au Journal de Québec.

« Je pensais qu’il y avait un appel à l’aide, généralement. Si j’avais eu ça, j’aurais tout abandonné pour aller le voir », poursuit-t-il.

«Beaucoup de proches de Louis m’ont soumis la même consternation», ajoute Me Bouchard.


Des événements déclencheurs multiples

Françoise Roy
Françoise Roy
Françoise Roy rappelle que les hommes sont plus à risque, d’autant plus qu’ils vont avoir plus de mal à parler de leur mal-être: « cela fait un peu partie du code masculin de ne pas exprimer ses émotions », explique l’intervenante.

Comme événements déclencheurs, il peut y en un comme plusieurs. Mme Roy évoque les ruptures amoureuses ou les échecs professionnels, comme une perte d’emploi, ou encore une addiction aux jeux.

Elle ajoute: « beaucoup de préjugés entourent également le suicide. On dit que c’est un acte lâche, de manipulation et égoïste. La personne qui va mal entend cela aussi, alors elle va éviter de montrer trop de signes », poursuit Mme Roy.

Mme Roy insiste sur le fait qu’il est très important de déculpabiliser les proches qui vivent dans le deuil.


Un homme très engagé

Louis Rochette, l’avocat âgé de 60 ans qui s’est ôté la vie le 22 juin, dans un stationnement du parc Victoria à Québec, était bien connu dans le milieu juridique, notamment pour son implication auprès de la communauté.

En juin 2015, Droit-inc rapportait dans un article sa volonté de sensibiliser le public à la recherche contre le cancer. Il avait décidé symboliquement de se raser le crâne pour récolter des fonds dans ce sens.

« J’ai 0.0 cheveu sur la tête ! Une vraie boule de billard ! », annonçait-il fièrement avant d’ajouter en plaisantant que « cela le rajeunissait ».

Au total, Me Rochette avait convaincu une quinzaine de personnes de se faire raser le crâne en faveur de l’organisme Leucan qui accompagne notamment les familles d’enfants malades. Il a d’ailleurs coprésidé le défi Têtes rasées de Leucan, en 2015.

« Je serai toujours reconnaissante envers Louis de m’avoir engagée chez Lavery. C’était un homme à l’intelligence redoutable et un fin stratège qui n’a jamais hésité à mettre en valeur le talent de ceux qui l’entouraient. Je salue également son engagement social et culturel, une cause qui me tient également à cœur », ajoute de son côté Marie Cossette, avocate.

Me Louis Rochette figurait aussi, depuis 2012, au sein du répertoire The Best Lawyers in Canada dans le domaine du droit de la santé.

Il était l’époux de Claude Boutin et était récemment devenu grand-père d’un petit garçon, Louis-Olivier. Il avait quatre enfants: Isabelle, Vincent, Charles et Jeanne.

« Son épouse, ses quatre enfants et son petit-fils étaient le centre de sa vie», a indiqué Me Bouchard hier dans un communiqué.

Un hommage lui sera rendu le 6 juillet, à 14h, au Grand foyer du Grand Théâtre de Québec, où il était impliqué dans le conseil d’administration.


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