Comment poser LA bonne question en contre-interrogatoire ?
Comment poser LA bonne question en contre-interrogatoire ?
Ces questions parfaites vont obliger le témoin à donner seulement des réponses qui vous aideront à persuader le jury et donc à gagner le procès. Voici les conseils de David Balls, auteur du livre Theater Tips and Strategies for jury trials.

Ne vous contentez pas de poser des questions comme : «Vous travaillez chez Acme Dynamite, non?». Les seules réponses possibles sont «oui» ou «non». Et vous savez d’ailleurs déjà quelle est la réponse.

La question parfaite implique plus que ça. Elle est celle qui va vous faire obtenir la réponse que vous prévoyez et celle qui vous aidera à persuader le jury.

C’est celle qui va empêcher le témoin de penser à une autre réponse que celle que vous cherchez. Elle se termine sur quelque chose de puissant, tandis que la question imparfaite est diluée en révélant prématurément la chose la plus puissante trop tôt.

Voici deux exemples :

« Vous avez vu votre colocataire face contre le sol lorsque vous êtes entré dans la pièce, n’est-ce pas ? »

Versus : « Vous êtes entré dans la chambre et vous avez vu votre colocataire face contre le sol, c’est ça ? ».

La deuxième laisse le temps au témoin de réfléchir. S’il ne répond pas immédiatement de manière positive, sa crédibilité sera endommagée. Le jury se demandera pourquoi il a eu besoin de réfléchir à la question avant de répondre. La première question réduit aussi l’impact dramatique du fait lui-même. Il faut s’efforcer de présenter les faits dramatiques de manière dramatique.

Aussi, le moyen de plus simple de finir un contre-interrogatoire en beauté et de poser une série de question en terminant par la question « choc ». Par exemple : « Avez-vous quitté le travail à 11h ? », « Vous êtes rentré à la maison à 11h15 ? », « Vous avez marché sur le trottoir ? », « Vous avez ouvert la porte ? », « Vous avez vu votre colocataire face contre terre ? ». Il y a une sorte d’impression d’inévitabilité donnée par cette série de questions qui ne donnent pas le temps au témoin de réfléchir, de s’échapper ou de discuter.

Comparez avec cette manière de faire beaucoup moins efficace : « Donc, vous avez vu votre colocataire à terre lorsque vous êtes entré dans la pièce après être rentré du travail à la maison, ce qui a pris vingt minutes, et vous êtes rentré à onze heures et vingt. Correct? »

Ne riez pas, beaucoup d’avocats mènent un contre-interrogatoire comme ça. Êtes-vous l’un d’eux ?

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