Six mauvaises habitudes en litige
Six mauvaises habitudes en litige
« Il fut un temps où je me suis frotté au litige. À présent que je suis chef de la section litige dans un contentieux, je m’assieds derrière d’autres avocats et les regarde se frotter au litige. Et ô combien je suis souvent déçu », déclare dans Above the Law Mark Herrmann, avocat émérite.

Néanmoins, celui-ci déclare noter certaines tendances chez les plaideurs. Et dit de prendre garde à six mauvaises habitudes qu’ont souvent même les avocats aguerris en interrogatoire. Les voici :


1. Une mauvaise séquence de questions

Supposons que vous êtes en contre-interrogatoire, et que vous posez la question suivante : « Dans votre vie, vous n’aviez jamais travaillé dans une banque auparavant? ». Le témoin répond par l’affirmative. Vous entrez ensuite dans les détails : « Vous avez travaillé chez X, ce n’était pas une banque, n’est-ce pas? » Objection! La question n’est pas pertinente, la réponse précédente y ayant déjà répondu... Objection retenue!

Si, à l’inverse, vous commencez par le détail : « Vous avez travaillé chez X, ce n’était pas une banque, n’est-ce pas? » « Non, ce n’était pas une banque. » « Vous avez travaillé chez Y, ce n’était pas une banque, n’est-ce pas? » « Non plus. » « Vous avez travaillé chez Z, ce n’était pas une banque, n’est-ce pas? » « Non plus. » Vous pouvez alors aisément demander votre question de départ de tout à l’heure : « Donc, dans votre vie, vous n’aviez jamais travaillé dans une banque auparavant ». Et on vous répondra évidemment : « Non ». Mais avec bien plus d’impact.


2. Les doubles négations

Évitez, dans la mesure du possible, de mettre une double négation dans une question. En contre-interrogatoire, beaucoup le font, pourtant : « N’est-il pas vrai que vous n’avez jamais travaillé dans une banque? ». Réponse : « Non ». Non, je n’y ai jamais travaillé, ou non, ce n’est pas vrai? Difficile à savoir.

Vaut mieux demander : « Vous n’avez jamais travaillé dans une banque, c’est bien ça? » On vous répondra alors « Oui » ou « C’est bien ça ».


3. Le ton monotone

Changez votre intonation selon la situation! Ne restez pas sur le même ton monocorde tout au long du procès. À moins que vous ne cherchiez à endormir le juge ou les jurés...


4. La trop grande importance accordée aux témoins

Accordez aux témoins le temps nécessaire. Pas plus! Acceptez que votre témoin ne soit pas forcément le plus important dans l’affaire. C’est surtout le cas pour un avocat junior, qui ne se verra probablement pas attribuer l’interrogatoire du témoin-vedette d’un méga-procès.

Dans ces circonstances, il n’est pas normal qu’un témoin qui a eu 30 minutes d’audition soit contre-interrogé pendant trois heures! Ce n’est pas le bon moment pour un avocat qui veut se montrer...


5. Le manque d’écoute

Tout le monde sait que vous avez écrit votre contre-interrogatoire d’avance. Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas écouter ce que le témoin a à dire. Certaines réponses peuvent répondre à une question que vous alliez poser, ou changer le cours de votre contre-interrogatoire. Soyez attentif!

Cela veut aussi dire de saisir les occasions lorsqu’elles se présentent. Si un témoin fait une déclaration fracassante en contre-interrogatoire, il peut être intéressant de réfléchir avant de poursuivre...


6. Les railleries

Ne soyez pas narquois. Il ne sert à rien de regarder le jury, les témoins, la partie adverse ou son confrère de haut. Le juge remarque quand vous êtes courtois. Vous gagnerez des points!


Et vous, qu’en pensez-vous?