Jean-Marie Vollant et le professeur Jean-Paul Lacasse
Jean-Marie Vollant et le professeur Jean-Paul Lacasse
Dans la dernière semaine, ils se sont entretenus avec des aînés de différentes communautés de la Côte-Nord.

Ils sont venus dans la région afin de recueillir des témoignages sur les normes et traditions juridiques que les Innus entretenaient avant que les autorités canadiennes et québécoises interviennent dans la communauté.

À cet égard, les connaissances des aînés sont très précieuses, note l’étudiante Chantal Bellavance. « On a des aînés qui viennent nous parler de comment c'était avant et qui nous parlent de comment c'est maintenant! », explique-t-elle avec un sourire dans la voix.


Le droit avant l’arrivée des Européens

« Il s’agit de redonner une place à l’ordre juridique innu tel qu’il existait avant l’arrivée de Jacques Cartier, dans la mesure où on peut le reconstituer », explique le professeur à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Jean-Paul Lacasse, qui n’en est pas à son premier cours sur la Côte-Nord.

« On parle souvent au Canada d’un pays à deux systèmes juridiques, le common law et le droit civil. Mais il y en a aussi un troisième, celui de l’ensemble des communautés autochtones », ajoute-t-il.

À titre d’exemple, les Innus n’avaient pas de prison ni de police, explique le professeur. « La société innue de l’époque a dû trouver des façons de s’organiser pour que les choses aillent bien, pour que l’harmonie existe. S’il y avait de mauvais comportements, comment ils faisaient? On l’apprend (en venant ici) », poursuit-il.

« Une des pires peines, sinon la pire, c’était l’exclusion du groupe ou le bannissement, qui valait presque autant que la peine de mort. Quelqu’un ne pouvait pas survivre seul en forêt », relate-t-il.


Un bagage pour de futurs juristes

Les jeunes, qui espèrent pour la plupart devenir juristes, estiment que ces rencontres leur permettront d’être plus sensibles aux réalités autochtones dans leur éventuelle pratique du droit.

Des étudiants lors de l'une des rencontres
Des étudiants lors de l'une des rencontres
« Quand j'aurai une décision à prendre qui va, par exemple, concerner un Autochtone ou encore qui peut avoir un impact direct ou indirect, je vais toujours garder dans mon esprit cette formation-là », raconte Jean-Claude Nguyen, un autre étudiant.

Le hasard faisant parfois bien les choses, la visite des étudiants survient alors que l'on souligne la Journée internationale des peuples autochtones ainsi que le dixième anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.