Marc-André Ferron
Marc-André Ferron
Cet avocat-là ne porte pas la toge. Mais la chemise, le veston, le pantalon et le béret. Parce que le Capitaine Marc-André Ferron est procureur militaire régional de la région de l’Est.

Le jeune avocat de 31 ans en a toujours rêvé. « Depuis que j’étais enfant ! Pourtant il n’y a aucun avocat dans la famille. J’ai été beaucoup inspiré par des séries américaines comme JAG », dit-il.

Un militaire en revanche, il y en avait un : « mon grand-père a servi dans les Forces armées durant la guerre de Corée et j’ai aussi plusieurs amis qui sont dans la réserve », poursuit-il.

Le jeune homme originaire de Repentigny se lance alors en droit, à l’Université de Sherbrooke. Barreau 2011, il fait ensuite une maîtrise en droit international. C’est là que ses professeurs lui parlent du juge-avocat général, le JAG, dans les Forces armées canadiennes.

Après avoir travaillé au DPCP et au Tribunal spécial pour le Liban à La Haye, le Capitaine Ferron pose sa candidature pour entrer dans les Forces armées en 2014. Ce n’est qu’en janvier 2016 qu’il est enrôlé.

Logé à la même enseigne que ses futurs camarades, il doit passer des examens d’aptitude et un examen médical. S’ensuivent 14 semaines de cours de qualification de base des officiers à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il y apprend le maniement des armes, les premiers soins à donner, le leadership…

« Je trouve cela normal de suivre ces cours même si je ne fais pas de terrain. Cela nous donne à tous une base commune », dit l’avocat.

Une période qui laisse le temps à sa mère de digérer la nouvelle… « Elle était un peu inquiète parce qu’elle pensait au fait que je puisse être déployé… C’était un peu l’inconnu pour elle », raconte l’avocat militaire.

Heureusement pour elle, Marc-André est affecté à Valcartier – pour le moment – après avoir encore passé une entrevue devant trois colonels à Ottawa.

Les militaires sont soumis à un Code de discipline militaire en plus de toutes les autres lois du Canada. Ce code établit les pouvoirs des Forces armées canadiennes, précise les infractions militaires et les peines, définit les conditions d’arrestation et de détention préventive des militaires.

Aujourd’hui, le rôle du Capitaine Ferron se rapproche de celui d’un procureur du DPCP : « je vais plaider à la cour des dossiers et je donne des conseils pour le service national des enquêtes, la police militaire ».

Il se souvient encore de sa première fois devant un juge militaire : « j’avais des vieux réflexes d’avocat civil c’est sûr, mais la procédure est semblable. C’est plus au niveau de petits aspects procéduraux qu’il y a une différence. Un avocat civil ne serait pas perdu devant une cour martiale », assure-t-il.

Le Capitaine dit « adorer son métier » : « cela demande beaucoup d’initiative, un sens de l’organisation et évidemment il faut aimer plaider », ajoute-t-il.

Et comme tous les militaires, il se dit fier de porter l’uniforme et d’apporter une contribution au sein des forces armées canadiennes.