Shahad Salman
Shahad Salman
Une avocate engagée bénévolement dans toutes ces causes. En effet, Shahad Salman, qui pratique chez Aligo Innovation, multiplie les engagements dans différents organismes qui défendent les droits des personnes. Au point de regretter de n’avoir qu’une journée de 24h.

Elle ne chôme pas. À son actif, presque une dizaine d’implications dans différents organismes avec pour fil conducteur : l’avancement des droits de la personne.

Cette jeune avocate de 30 ans, née à Montréal de parents irakiens qui ont fui le régime de Saddam Hussein, combine aujourd’hui le droit et la science dans sa pratique de tous les jours.

Aligo Innovation est une société de valorisation et de commercialisation des innovations produites par les universités. L’entreprise se spécialise ainsi dans le transfert technologique.

Elle est tombée là dedans après ses études en droit à l’Université de Montréal qu’elle a terminée en 2009 et a obtenu son Barreau en 2010. Tout en travaillant au centre de génomique et politique de McGill, elle en a profité ensuite pour faire une maîtrise sur la responsabilité médicale des oncologues en 2015.

Passé 17h, Me Salman rentre rarement chez elle pour bouquiner ou se relaxer. Elle a un CA, un rapport à rendre, un autre à étudier, un plan d’action sur lequel réfléchir... Elle-même elle se dit « bénévole à temps plein ».

Ses implications ont toutes un fil rouge conducteur : « elles touchent aux divers enjeux liés à la discrimination, le côté humain, la diversité », détaille l’avocate.

Issue d’une « minorité visible » comme elle le dit elle-même, Me Salman ne cache pas qu’elle a déjà été victime de « préjugés » à cause de son voile, mais aussi de sa couleur de peau. « Mais je pense qu’il faudrait qu’on reconnaisse tous nos biais pour cheminer ensemble », dit-elle avec un soupçon d’espoir.

Pour elle, mieux comprendre le droit de la personne va amener les gens à mieux comprendre les différences qui les lient. Et elle rêve d’un monde dans lequel « la diversité n’est pas un enjeu électoral ».

Ce qu’elle ne veut surtout pas, c’est qu’on la mette dans une case. Shahad Salman déteste les cases. Surtout celle de « l’avocate musulmane voilée qui fait du droit de la personne ». Car d’après elle, on peut être plein de choses à la fois.

Éternelle hyperactive, l’avocate aimerait que les journées fassent 48 heures, pour avoir le temps d’apprendre à coder et pour jouer plus souvent au soccer, un sport qu’elle affectionne particulièrement, comme le vélo et le frisbee ultimate d’ailleurs.

À ceux qui lui demandent où elle trouve le temps de s’impliquer au Comité sur les droits de la personne, à celui sur la diversité ethnoculturelle du barreau de Montréal, à celui sur le profilage racial et social de SPVM ou encore au Musée de l’Holocauste, elle répond comme si c’était une évidence : « mais il y en du temps ! Vraiment ! Quand on veut, on en trouve toujours ».

Avec pour seule limite : la qualité du coup de main qu’elle peut apporter. « Si je ne peux plus rien apporter à tel ou tel organisme, je démissionne », dit-elle.