Yoann Gauthier
Yoann Gauthier
C’est au plus près des entrepreneurs que Yoann Gauthier, Alexandre Ricci et Elsa Rizkallah ont décidé d’installer leur cabinet. Ils ont ainsi choisi un espace de coworking, en centre-ville.

Leur clientèle visée : des start-ups surtout. Ils se spécialisent en droit des affaires, litige civil et commercial et droit du travail. Alors dans leurs bureaux de la rue Bishop qui seront inaugurés le 12 octobre, ils sont plutôt bien entourés, puisque plusieurs start-ups, notamment en informatique en intelligence artificielle, y ont élu domicile.

Alexandre Ricci
Alexandre Ricci
« Cela nous force aussi à sortir de notre bulle du droit. C’est une nouvelle façon de faire des affaires », explique Me Gauthier, 26 ans, diplômé en droit de l’UQAM en 2014 et Barreau 2015.

Lui et ses deux associés se sont rencontrés au cabinet Astell Lachance Du Sablon De Sua, spécialisé en droit de la construction et en litige. Tous les trois y étaient rattachés en tant que travailleurs autonomes.

Ils en sont partis à l’été 2017. « Ils ont compris notre démarche… Il faut dire qu’ils ont fait la même chose lorsqu’ils avaient notre âge ! » explique Me Rizkallah, détentrice de deux baccalauréats en droit obtenu au Liban et à l’Université de Montréal, ainsi qu’un DESS en droit des affaires.

Une idée née autour d’un bon vin

Pour tous les trois, leur association semblait être une évidence. « On avait une belle relation, on a partagé beaucoup de dossiers », poursuit l’avocate de 32 ans, Barreau 2011. Mais c’est lors d’un souper entre amis et autour d’une bouteille de vin qu’ils ont pris la décision de sauter le pas. « Le désir était là et notre amie commune présente ce soir-là a été un peu l’étincelle », poursuit Me Gauthier.

Elsa Rizkallah
Elsa Rizkallah
Les trois complices sont portés par la même idée qu’ils ont du droit, la même manière de traiter leur dossier et la même envie de dépoussiérer un peu la pratique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont choisi de ne pas apposer leurs noms de famille comme nom de cabinet. « Et en plus, ça aurait fait GRR… », souligne en riant Me Gauthier.

Plus sérieusement, Me Ricci, 26 ans et lui aussi diplômé en droit de l’UdM, ajoute : « les noms de famille comme nom de cabinet c’est long, c’est lourd… On voulait faire les choses différemment ». MTLex est ainsi né.

« MTL pour Montréal, l’endroit qui nous a réuni tous les trois », explique Me Gauthier, originaire de la Rive Sud. Me Ricci vient quant à lui de la Rive Nord, et Me Rizkallah de Beyrouth, même si elle vit depuis longtemps à Montréal. La police de leur logo a même été inspirée par celui de la ville.

Les « trois valeurs » du cabinet sont « moderne, professionnel et accessible ».

Alexandre Ricci, Barreau 2015 précise : « Nous sommes accessibles par nos prix. Nous offrons des forfaits pour les incorporations, des forfaits mensuels ou même des forfaits de démarrage. Accessibles aussi car nous sommes joignables par textos, Facebook, courriels… Je doute qu’un avocat de 65 ans soit autant connecté ».

Car la volonté de se démarquer passe aussi par là. Montrer que même s’ils sont jeunes, ils sont professionnels. « Nous avons tous les trois une bonne expérience, on a aussi nos mentors pour nous aider et nous n’hésitons pas à faire appel à eux au besoin », poursuit Me Ricci.

Plus direct, Me Gauthier ajoute : « les gens n’ont peut-être pas besoin de quelqu’un qui travaille en cabinet depuis 40 ans. Et de toute façon, c’est son avocat junior qui s’occupera le plus du dossier ».

D’ailleurs, aucun des trois n’a vraiment caressé le rêve de travailler dans un grand cabinet.

« à l’UdM, on nous présente les grands cabinets comme s’il n’y avait aucune autre opportunité. Je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas vraiment, même s’ils restent de bons cabinets », explique Me Ricci.

Me Rizkallah ajoute : « les grands cabinets m’attiraient, mais j’ai préféré ouvrir quelque chose à nous, c’est plus stimulant ».

La jeunesse n’a donc pas froid aux yeux. Ni la langue dans la poche.