André Dufour, le nouveau boss de BLG
André Dufour, le nouveau boss de BLG
Rien ne prédestinait pourtant André Dufour, qui est entré en fonction en juillet, à devenir avocat. Et encore moins à la tête du bureau d’un grand cabinet national comme BLG. Alors que son père était directeur d’hôpital, le jeune André voulait devenir médecin.

« Mais le plan a dérapé », dit-il avec un brin de malice. De nature curieuse, André Dufour, avant de s’enfermer dans des études de médecine, voulait « se faire plaisir ». Il a alors étudié la philosophie. Un choix qu’il a vite regretté vite, déçu par les cours.

« Un de mes amis qui était en droit m’a conseillé de faire de même parce que me connaissant, il pensait que cela me conviendrait. Il m’a vendu cela comme étant une bonne formation, qu’il y avait de bons professeurs et que la vie étudiante était excellente », se souvient-il.

Direction donc les bancs de la faculté de droit de l’Université de Montréal. C’était comme son ami lui avait promis. Mais André Dufour n’avait pas lâché son idée de devenir médecin. Il trouvait cependant un emploi d’été au cabinet Mackenzie Gervais, futur Borden Ladner Gervais, avant d’être assermenté en 1985.

« C’était un véritable coup de foudre. J’ai découvert que j’avais beaucoup d’atomes crochus avec les avocats que je côtoyais. Je m’identifiais bien à eux, ils semblaient avoir une vie intéressante qui ne se résumait pas qu’au droit », dit l’avocat.

« Embrasser » des méga changements

Une trentaine d’années plus tard, Me Dufour est, à 56 ans, à la tête de l’équipe montréalaise de BLG. Plus question de toucher à un stéthoscope. À la place, il a vu le cabinet grossir et passer de 30 à 750 avocats. Il l’a vu s’étendre de part et d’autre des deux côtes canadiennes.

Ce succès, Me Dufour l’explique par la manière dont les cinq bureaux canadiens – Vancouver, Calgary, Toronto, Ottawa et Montréal – ont décidé de s’organiser : « plutôt que de penser notre stratégie au niveau de chaque région, nous le faisons plutôt par domaine de pratique. Nous tenons également à la collégialité qui fait partie des valeurs du cabinet ».

L’associé directeur croit également que si BLG n’était pas devenu « si grand », il aurait sûrement perdu certains de ses clients.

Pour rester à la page, Me Dufour explique que le cabinet doit désormais déléguer certaines tâches à des équipes spécialisées dans des domaines particuliers. Comment mieux utiliser l’intelligence artificielle, qu’est-ce qui serait utile au cabinet à l’heure actuelle… Toutes ces questions sont aux mains d’experts.

De même, il faut désormais répondre aux préoccupations de plus en plus fortes des clients qui veulent désormais « de la prévisibilité ».

« Je m’assure que le cabinet accède pleinement aux attentes de nos clients », ajoute-t-il.

Il y aura des transformations encore plus importantes que celles qui ont lieu les 15 dernières années, poursuit-il. « Une part du travail sera fait par des ordinateurs. Je pense que ça va rendre tout ça encore plus intéressant. »

Et malgré le fait que les avocats « soient encore très conservateurs et qu’ils aiment leur façon de faire, il faut les amener à embrasser ce changement ». L’enjeu pour l’associé directeur est là : « il faut proposer des nouvelles solutions avant que les clients ne nous les imposent ». Tout un défi.

En tant qu’associé directeur, Me Dufour met par ailleurs un point d’honneur à rendre au cabinet les honneurs qui lui appartiennent, tel un « ambassadeur », estimant que « BLG est un peu trop discret sur ses bons coups ».

Un grand amateur d’art

Mais Me Dufour ne voulait pas se contenter d’un rôle de gestionnaire. « C’était important pour moi de garder un pied dans la pratique et de continuer à avoir le temps de m’impliquer dans différents organismes », dit-il.

Car Me Dufour est un grand amateur d’art contemporain. Une passion qu’il partage avec sa femme et qui lui prend du temps, surtout depuis qu’il s’est joint au comité d’acquisition d’art canadien du Musée des Beaux Arts de Montréal. Il estime que pour ne pas se transformer en « avocat robot », il est important que chacun puisse s’épanouir hors de sa vie professionnelle et puisse s’impliquer dans les causes qui lui tiennent à cœur.