Mathieu Jacques
Mathieu Jacques
Me Mathieu Jacques n’est pas un collectionneur de trophée de concours de plaidoirie. Il n’en vise qu’un en particulier. Celui organisé par l’Institut international des droits de l’Homme et de la paix, basé à Caen, en France et associé à l’Université d’Al Quds, à Jérusalem.

Il s’agit du concours international de plaidoirie pour les droits de l’Homme de la Palestine. Cet évènement est organisé en partenariat avec l'Université Al-Quds, avec le soutien du Barreau de Caen, du Consulat de France à Jérusalem et du Barreau de Palestine.

« J’avais vu une affiche concernant ce concours il y a deux ou trois ans et j’y ai déjà postulé trois fois depuis », raconte Me Jacques, Barreau 2012 et à son compte depuis 2015.

La troisième est finalement la bonne. « Il fallait envoyer un projet de plaidoirie sur un cas de violation des droits de l’Homme individuel et actuel », dit-il.

C’est le cas de Raif Badawi, ce blogueur saoudien de 33 ans accusé d’apostasie et d’insulte à l’islam, qui retient son attention. Il est emprisonné depuis juin 2012 et a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison.

« Quitte à défendre sa cause, j’ai lu ses écrits… Ce qui me choque dans cette histoire, c’est qu’il a livré un message de tolérance et appelé l’État saoudien à plus de tolérance envers les chrétiens… Qu’il soit condamné pour ça, vraiment, ça ne passe pas, je trouve ça incroyable », lance l’avocat diplômé de droit de l’Université de Montréal et détenteur également d’une maîtrise en droit comparé de l’Université McGill.

Raif Badawi
Raif Badawi
Début septembre, lorsqu’il a appris qu’il était parmi les huit candidats retenus pour l’édition de 2017 qui, comme toutes les autres, se déroulera à l’Université d’Al Quds, à Jérusalem Est, Me Jacques a été étonné. « Mais aussi très content. Je vais pouvoir contribuer à faire connaître ce cas tellement grave. Je me sens privilégié de pouvoir participer au concours et je vois ça comme une formation, un exercice dans lequel je vais apprendre beaucoup de choses », dit-il.

Le moment présent

Le plaideur ne cache pas son plaisir de l’exercice. « Lorsque je plaide, je me sens bien, je suis dans le moment présent, je ne peux pas penser au souper qui m’attend ou à un rendez-vous prochain, je ne peux pas m’éparpiller. J’observe le juge, je vois comment la partie adverse va réagir, c’est assez exigeant comme exercice », détaille-t-il.

L’avocat se dit également excité à l’idée de visiter un coin du monde qui lui est inconnu. Si l’événement a lieu le 22 octobre, Me Jacques part dès le 17, « pour avoir le temps de récupérer du décalage horaire ».

L’année dernière, c’est Me Gada Wahdan, du Barreau de Palestine qui avait remporté le prix pour avoir défendu le droit des femmes.