Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali
Sabrine Djermane et El Mahdi Jamali
Sabrine Djermane, 21 ans, est totalement blanchie tandis que El Mahdi Jamali, 20 ans, est reconnu coupable d'un chef réduit sur la question des explosifs.

El Mahdi Jamali est acquitté de deux chefs d'accusation et est reconnu coupable de possession d'une substance explosive sans excuse légitime, ce qui veut dire que le jury a écarté le fait d’avoir voulu mettre en danger la vie de quelqu’un, comme c’était le cas dans le chef d’accusation initial. La peine maximale pour ce chef d'accusation est de cinq ans.

Le couple avait plaidé non coupable, le 20 avril dernier, aux accusations d'avoir tenté de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l'étranger, de possession d'une substance explosive dans un dessein dangereux et d'avoir commis un acte au profit ou sous la direction d'un groupe terroriste.

L'article 82 du Code criminel pour lequel il a été reconnu coupable stipule : quiconque, sans excuse légitime, dont la preuve lui incombe, fabrique ou a en sa possession ou sous sa garde ou son contrôle une substance explosive est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans.

Le jury n'a pas été convaincu par la preuve de la poursuite et a conclu que les deux jeunes gens n'étaient pas des terroristes.

Le couple est emprisonné depuis deux ans et demi et, étant donné que le temps passé en détention préventive compte double, El Mahdi Jamali devrait lui aussi être libéré puisqu’il aurait déjà purgé le temps nécessaire.

Les avocats seront de retour devant le juge Marc David cet après-midi pour discuter des modalités de remise en liberté du couple, qui pourrait se faire imposer quelques conditions.

Selon des documents remplis par les enquêteurs pour obtenir des mandats de perquisition, dont plusieurs passages faisaient l’objet d’une ordonnance de non-publication et n’avaient donc pas été présentés au jury, Sabrine Djermane aurait même dit à des proches vouloir rejoindre l’EI ou commettre une attaque au Canada.

Le couple avait été arrêté « par mesure préventive » le 14 avril 2015 par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui craignait un acte terroriste. La GRC avait été prévenue par un proche que les deux jeunes souhaitaient quitter le pays.

Leur procès avait commencé le 12 septembre à Montréal. Ils n'ont pas fait entendre de témoins en défense et n'ont pas témoigné. De son côté, la poursuite a appelé à la barre 31 témoins et a produit de nombreuses preuves matérielles.

Le jury délibérait depuis jeudi dernier.