1. Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocate plutôt que de choisir un autre métier ou une autre profession?

Me Sophia M. Rossi
Me Sophia M. Rossi
En fait, je ne me destinais pas du tout, au départ, à une carrière d’avocate. Après avoir travaillé dans le domaine de l’hôtellerie au Mexique, j’ai, une fois de retour, fait une technique en tourisme. Ces études m’ont fait réaliser que, si j’aimais voyager, je ne voulais pas pour autant en faire un travail.

Le mari de ma mère, un avocat, m’avait toujours dit que je serais « bonne avocate » et j’avais toujours gardé cette idée en tête. En y réfléchissant, j’ai réalisé que cela semblait être une carrière faite pour moi : j’étais plutôt déterminée, j’aimais prendre la parole en public pour défendre mes points de vue et ceux de mes collègues à l’école, et j’étais intéressée par les politiques, les lois et le fonctionnement du système législatif et judiciaire.

J’ai choisi le droit avec pour objectif de défendre les intérêts de ceux qui en avaient besoin et d’utiliser ma voix et détermination pour changer les choses, que ce soit pour une personne ou un groupe de personnes. Je n’ai, depuis, jamais regretté mon choix de carrière!

2. Quel est le plus grand défi professionnel à ce jour?

Mon plus grand défi, jusqu’ici, est de concilier la présidence du Jeune Barreau de Montréal et le travail. J’ai, en effet, commencé à travailler chez Roy Bélanger environ deux semaines avant mon élection comme présidente : ça faisait beaucoup de nouveauté en peu de temps!

C’était tout un défi de m’adapter à une nouvelle équipe de travail, de bien connaître la clientèle du bureau et mes collègues et, en parallèle, d’apprendre à être présidente du Jeune Barreau, une fonction qui nécessite beaucoup de temps et d’énergie. Faire tout cela en même temps et réussir implique beaucoup de temps et d’organisation, et j’ai donc travaillé très fort.

Cela demeure un défi quotidien – et que j’aime! - que de conjuguer les deux, évidemment sans oublier la famille, les amis et le temps pour soi, et ce, même quand les heures manquent parfois dans une journée! Il est à mon avis primordial de chercher à maintenir un équilibre.

3. Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous à la pratique du droit?

Si j’avais une baguette magique, je rendrais la justice plus accessible et je faciliterais le contact avec les avocats. Je réalise qu’une grande partie de la population n’a pas accès facilement aux services d’un avocat, malgré les efforts qui sont faits en ce sens. Il est nécessaire, à mon avis, d’investir davantage dans les services d’aide juridique et de refinancer le système pour que la population plus vulnérable ait accès aux services d’un avocat, peu importe qu’il s’agisse de dossiers civils ou criminels. J’aimerais notamment voir plus d’avocats à l’aide juridique et savoir que l’on offre plus de services gratuits à la population.


4. Comment qualifiez-vous la perception du public envers la profession?

J’ai l’impression que les gens qui ont eu recours aux services directs d’un avocat ont généralement une bonne perception, surtout dans les cas où ce dernier réussit à régler le dossier sans qu’il ne se retrouve devant les tribunaux.

Par contre, ceux qui n’ont pas eu affaires à un avocat ou qui, pour une raison ou une autre, ne pensent pas en consulter un, ont souvent la perception que les avocats sont inaccessibles, qu’ils coûtent trop cher et qu’ils ne sont pas essentiels.

J’espère évidemment que cette perception change et que la population en vienne à penser que les avocats sont des professionnels qui ne coûtent pas toujours très cher et qu’on peut aussi consulter avant qu’un problème ne se judiciarise ou encore en présence d’un dossier non litigieux, comme pour obtenir un conseil ou avant de signer un contrat.

Une ou quelques rencontres peuvent souvent permettre de trouver une solution sans pour autant que la facture ne soit très onéreuse. Il est vrai que, dans certains cas, les services coûtent très cher, mais ce n’est pas toujours le cas. Les avocats peuvent réellement éviter des litiges futurs s’ils sont consultés et je crois que cela devrait être véhiculé davantage au sein de la population.

5. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et voulant réussir en pratique privée?

Le droit est une profession extraordinaire, mais ce n’est pas un domaine professionnel dans lequel tout est toujours facile. Des moments difficiles, il y en a, qu’il s’agisse de problèmes avec les patrons ou collègues, de causes ou mandats plus ardus, etc. Je crois que, pour réussir, il faut accepter qu’il y ait parfois des embûches et des moments difficiles. Il ne faut pas se décourager mais plutôt être en « mode solution ». Nous allons tous, à un moment ou à un autre, rencontrer des difficultés, petites ou grosses, mais l’important est de savoir que nous ne sommes pas seuls dans ces moments!

C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que je me suis impliquée au Jeune Barreau de Montréal. C’est en effet le message que l’on veut transmettre aux avocats en début de pratique : ils ne sont pas seuls. Quand se pose un défi, il est possible d’échanger et d’en parler avec d’autres jeunes avocats afin de trouver des solutions.

Outre cela, il faut savoir faire preuve de détermination et, également, être tant à l’écoute de nos clients que de la partie adverse.

  • Un bon livre qu’elle a commencé à relire : Gabrielle, de la trilogie de Marie Laberge.
  • Elle aime la télésérie : Big Little Lies (série créée et écrite par David E. Kelley)
  • Sa chanson fétiche : La Bohème (interprète : Charles Aznavour)
  • Son expression préférée : « Game on! », qu’elle se répète pour se motiver avant d’aller en audition, en négociation ou de faire une présentation.
  • Elle adore… faire de la plongée, alors qu’aller se faire faire les ongles est un petit luxe qu’elle se permet pour se gâter!
  • Son restaurant préféré : Un brunch au Leméac (avenue Laurier) avec sa meilleure amie.
  • Elle aimerait visiter…le Vietnam.
  • Elle admire… L’honorable Louise Mailhot, qui a été « une des premières » à bien des égards. Sa vision quant aux femmes dans la profession l’inspire énormément. C’est aussi une femme déterminée, nous confie Me Rossi, qui a eu une carrière exceptionnelle et qui, au surplus, a su lui donner de très bons conseils. Elle est inspirante, bref!
  • Si elle n’était pas avocate, elle serait… entrepreneure!


Me Sophia M. Rossi pratique en droit du travail chez Roy Bélanger avocats s.e.n.c.r.l. Elle représente les intérêts d’employés et d’associations de salariés et d’employés dans le cadre de litiges et de négociations.

Elle est diplômée en droit de l’Université de Sherbrooke où elle a reçu en 2009 la Bourse de la Faculté de droit pour excellence et implication. Elle a effectué son stage en droit au Fonds d’assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec.

Depuis son admission au Barreau du Québec en 2011, elle a acquis de l’expérience dans diverses facettes de la pratique du droit du travail. Elle a plaidé devant des arbitres de grief, le Tribunal administratif du travail, la Commission d’accès à l’information et diverses instances judiciaires. Elle a agi à plusieurs reprises comme porte-parole dans le cadre de négociations de conventions collectives. Me Rossi a également offert de nombreuses formations sur des questions juridiques touchant les relations de travail.

Avant d’intégrer l’équipe de RBD, elle a exercé comme avocate pendant près de 5 ans au sein d’une Fédération syndicale. Elle s’était ensuite jointe à un cabinet national.

Me Rossi s’implique activement au sein de la communauté juridique. Elle a été élue présidente du Jeune Barreau de Montréal pour le mandat 2017-2018. Elle siège au conseil d’administration de l’association depuis 2015. Depuis 2012, elle est membre du Comité consultatif de liaison entre le Barreau du Québec et le Tribunal administratif du travail. Elle a aussi été membre du Comité de liaison entre le Barreau de Montréal et la Conférence des arbitres du Québec et vice-présidente, pour le Québec, de l’Association canadienne des avocats du mouvement syndical.

Me Rossi a également enseigné le droit des rapports collectifs du travail au Certificat de relations industrielles de la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal.