Mathilde Borsenberger, directrice, Programmes des avocats, stagiaires et étudiants chez Gowling WLG à Montréal
Mathilde Borsenberger, directrice, Programmes des avocats, stagiaires et étudiants chez Gowling WLG à Montréal
À deux jours de la journée carrière, qui va sonner le début de la course aux stages, les étudiants se préparent pour donner le meilleur d’eux-même.

Plusieurs rêvent sûrement de rejoindre les gros cabinets. Et avec raison lorsqu’on voit combien ils sont prêts à les payer !

Ainsi, pour un stagiaire en droit au Québec, le bureau les plus attrayant sur le papier serait BCF, avec 66 000 $ par an, puis Gowling, avec 65 000 $ par an.

Norton Rose Fulbright les paie 62 000 $ par an, McCarthy Tétrault, Miller Thomson, Stikeman, Smart & Biggar et Fasken, 60 000 $ et Borden Ladner Gervais, 57 000 $.

La course aux avantages

Tous les cabinets ne dévoilent pas leurs chiffres, comme Davies et Dentons. Ce dernier se contente d’afficher : « les salaires que nous offrons à nos étudiants sont très compétitifs ».

Davies indique pour sa part les avantages qu’il offre aux jeunes recrues, tel que le remboursement des frais de taxi, des repas, des cours de langues, ou encore les frais de scolarité de l’École du Barreau.

En fait, la plupart des grands cabinets mettent en avant les avantages qu’ils offrent à leurs employés comme l’assurance dentaire, les bonus lorsque les étudiants acceptent de revenir faire leur stage au cabinet (5000 $ chez BLG par exemple), le remboursement des frais de scolarité et même des livres pour l’École du Barreau.

Norton Rose Fulbright verse aussi par exemple 11 000 $ aux stagiaires pendant l’École du Barreau « pour qu’ils se concentrent uniquement sur leurs études ». Le cabinet indique également dans la liste de ses nombreux avantages : « tenue décontractée le vendredi ».

«Des salaires justifiés»

Comment ces salaires sont-ils définis ? « Les salaires et avantages offerts tant aux étudiants qu’aux stagiaires sont définis en fonction du marché de Montréal. Nous souhaitons que notre offre demeure concurrentielle parmi les grands bureaux », répond Mathilde Borsenberger, directrice, Programmes des avocats, stagiaires et étudiants chez Gowling WLG à Montréal.

Ces salaires sont justifiés d’après elle par le fait que les étudiants et les stagiaires sont de plus en plus de « jeunes professionnels ayant déjà une solide expérience de travail ainsi que des diplômes antérieurs à celui du bac en droit ».

La directrice relève également les semaines de travail lourdes des stagiaires. « Un salaire en conséquence nous parait justifié vu leur grand engagement et implication à l’interne », ajoute-t-elle.

Montréal favorisé

Quant à choisir sa ville de stage, il semble moins avantageux financièrement de devenir stagiaire dans un gros bureau à Québec ou à Ottawa. Ainsi, alors que Norton Rose Fulbright paie 62 000 $ par an ses stagiaires montréalais, les Québécois sont à 46 000 $. Même tarif pour les jeunes qui vont au bureau de Québec de McCarthy Tétrault.

De même, les stagiaires du bureau de Dentons à Ottawa sont à 47 000 $.

Les salaires à Montréal sont cependant dépassés par ceux de Toronto:
ainsi, les stagiaires de Toronto de Dentons perçoivent 75 400 $ par an.

Les plus petits cabinets, les entreprises, ou la fonction publique offrent par ailleurs des salaires plus modestes.

À titre de comparaison, Droit-inc est allé fouiller les offres de stage en ligne. Le service juridique du Cirque du Soleil propose un stage rémunéré à 500 $ et plus par semaine, soit environ 25 000 $ par an, le même montant qu’au DPCP.


Après le stage, le vrai travail...

Quant aux jeunes avocats qui exercent pour une première année au cabinet, les plus chanceux financièrement parlant seront ceux qui ont été choisis par McCarthy Tétrault, Stikeman ou Norton Rose Fulbright: 106 000 $ par an.

McCarthy Tétrault fait tomber ce chiffre à 70 000 $ lorsque le jeune assermenté est embauché au bureau de Québec. Chez Norton Rose Fulbright, le salaire est de 65 000 $.

Les plus motivés peuvent toujours tenter leur chance au bureau torontois de Davies : 130 000 $ attend les avocats de première année.

Tous ces chiffres ont été obtenus via le site internet du Répertoire canadien d’employeurs juridiques.